0,2001€/kWh
TRV électricité Base 6 kVA — référence chauffage électrique direct
Source CRE · 2026-08-01
0,1347€/kWh
Prix repère gaz B1 chauffage — ~2 fois moins cher que le kWh électrique
Source CRE · 2026-08-01
RE 2020
Le chauffage gaz est interdit en construction neuve (maisons individuelles depuis 2022, collectifs depuis 2025)
Code de la construction

Chauffage électrique et chauffage gaz : les fondamentaux

Avant de comparer les coûts, comprenons ce qui distingue les deux énergies. L'électricité chauffe directement (radiateur à inertie, plancher chauffant) ou indirectement via une pompe à chaleur. Le gaz nécessite obligatoirement une chaudière, dont l'achat se raréfie depuis la RE 2020 et la suppression de MaPrimeRénov' sur les chaudières fossiles en 2023. Chaque énergie a ses forces et ses limites : voici un récap équilibré, énergie par énergie.

Chauffage électrique : avantages et inconvénients

Avantages
  • Installation la moins chère : 100 à 1 500 € par radiateur, aucun raccordement à prévoir (le compteur électrique est déjà là)
  • Pas d'entretien obligatoire, pas de chaudière à remplacer tous les 15-20 ans
  • Mix électrique bas carbone en France (~50 gCO₂/kWh selon RTE — 92 % décarboné grâce au nucléaire et aux ENR)
  • Compatible RE 2020 en neuf (couplé à une PAC obligatoire) — pas d'horizon réglementaire de sortie
Inconvénients
  • Prix kWh ~2 fois plus cher que le gaz : 0,2001 €/kWh au TRV vs 0,1347 €/kWh PRG B1
  • Facture annuelle élevée sur grandes surfaces (> 100 m²) en radiateur direct, abonnement gros calibre (> 9 kVA) souvent nécessaire
  • Confort thermique moins homogène qu'un chauffage central (radiateur direct) sauf à investir en plancher chauffant ou en PAC
  • Pas d'aides MaPrimeRénov' sur le radiateur électrique direct (la PAC reste éligible jusqu'à 5 000 €)

Côté gaz, l'équation est inverse : le kWh est le moins cher du marché, mais l'investissement initial et les frais récurrents (entretien, abonnement B1) pèsent davantage. La RE 2020 referme par ailleurs la porte du neuf — le gaz reste donc une option de remplacement dans l'existant.

Chauffage gaz : avantages et inconvénients

Avantages
  • Prix kWh imbattable : 0,1347 €/kWh au PRG B1 (CRE) — 2 fois moins cher que le kWh électrique
  • Confort de chauffage central homogène (radiateurs eau, plancher chauffant), chaleur douce et inertie
  • ECS produite en même temps par la chaudière (pas besoin d'un cumulus séparé)
  • Durée de vie 15 à 20 ans, technologie éprouvée et largement distribuée (16 600 communes raccordées GRDF)
Inconvénients
  • Investissement initial élevé : 3 000 à 7 000 € pose comprise pour la chaudière, +520 € GRDF si nouveau raccordement
  • Entretien annuel obligatoire par un professionnel (décret 2009-649, ~150 €/an)
  • Aides MaPrimeRénov' supprimées depuis le 1er janvier 2023 (restent TVA 5,5 %, Éco-PTZ et certains CEE)
  • RE 2020 ferme la porte du neuf : interdit en maison individuelle (2022) et collectif (2025)
  • Empreinte CO₂ ~205-227 gCO₂/kWh (ADEME) — 4 fois plus que le mix élec français

L'arbitrage se joue donc sur l'équation surface × isolation × zone × abonnements. Le gaz reste imbattable au kWh, mais l'addition de l'abonnement B1 (~344 €/an), de l'entretien obligatoire et de l'investissement initial réduit l'écart de facture totale — surtout sur des surfaces inférieures à 80 m².

Combien vous coûte le chauffage chez vous ?

Réglez la surface, l'isolation (lettre DPE) et la zone climatique. Le simulateur calcule la facture annuelle estimée pour chauffage électrique direct, chaudière gaz à condensation et pompe à chaleur air-eau, abonnements inclus. Tarifs CRE en vigueur le 2026-08-01.

Simulateur
Facture chauffage estimée
1 min
1
Votre logement
2
Isolation (lettre DPE)
Électrique direct
€/an
Chaudière gaz
€/an
PAC air-eau
€/an

Méthodologie : conso ADEME (110 kWh/m²/an élec direct, 122 gaz rdt 90 %, 51 PAC air-eau COP 4) × coefficient isolation DPE × zone climatique. Tarifs CRE en vigueur le 2026-08-01. Abonnements B1 gaz (360,79 €/an) et Base 6 kVA élec (190,32 €/an) inclus. Estimation indicative, hors taxes locales et heures creuses.

4 cas chiffrés : du studio à la maison ancienne

Le facteur décisif n'est pas le prix du kWh isolément, mais l'équation surface × isolation × zone × abonnements. Voici quatre logements représentatifs du parc français, avec leur facture annuelle estimée pour chaque techno (calculs au tarif CRE du 2026-08-01, zone H2, abonnement compris).

Logement Profil DPE Élec direct Gaz condensation PAC air-eau Gagnant
Studio neuf 35 m² DPE B (RT 2012 récent) 730 € 954 € 440 € PAC
Appartement T3 70 m² DPE C (bien isolé) 1 500 € 1 529 € 798 € PAC
Maison 120 m² DPE D (rénové 2010) 2 832 € 2 524 € 1 415 € PAC
Maison ancienne 150 m² DPE F (avant 1975) 5 308 € 4 373 € 2 563 € PAC

Hypothèses : conso ADEME × coefficient isolation DPE × zone H2. Tarifs CRE en vigueur le 2026-08-01, abonnements TRV Base 6 kVA (190,32 €/an) et PRG B1 gaz (360,79 €/an) inclus dans le cas gaz.

Tableau récapitulatif sur 9 critères

À investissement comparable, le gaz l'emporte sur la facture annuelle ; mais l'installation coûte plus cher et l'entretien est obligatoire. Au-delà du kWh, c'est l'addition des coûts (achat + abonnement + entretien + remplacement) qui détermine le vrai gagnant sur 15 ans.

Critère Chauffage électrique Chauffage gaz
Prix du kWh0,2001 € (TRV)0,1347 € (PRG B1)
Conso typique 100 m² DPE C~9 350 kWh/an~10 370 kWh/an
Facture annuelle 100 m² DPE C~2 061 €~1 948 €
Investissement installation100 à 1 500 €/radiateur3 000 à 7 000 €
Raccordement initialAucun (compteur existant)450 à 520 € GRDF si neuf
Entretien annuel obligatoireNonOui (~150 €/an, décret 2009-649)
Aides à la rénovation 2026TVA 5,5 % (PAC), CEE, Éco-PTZAucune sur chaudière gaz (MPR supprimée 2023)
Construction neuveAutorisé (PAC obligatoire RE 2020)Interdit (RE 2020)
Durée de vie15 à 20 ans (radiateurs)15 à 20 ans (chaudière)

Hypothèses : chauffage élec direct 110 kWh/m²/an, chaudière gaz à condensation 122 kWh/m²/an (rendement 90 %), coefficient isolation DPE C = 0,85. Sources : ADEME, CRE (TRV élec et PRG gaz au 2026-08-01), décret 2009-649.

Coût d'installation par techno et par surface

L'installation représente 5 à 15 % du coût total sur 15 ans. Le radiateur élec à inertie reste le plus accessible. La chaudière gaz double l'investissement, mais avec une durée de vie comparable. La PAC est la plus chère à l'achat — mais s'amortit en 5 à 10 ans grâce aux économies d'énergie.

Solution Studio 35 m² T3 70 m² Maison 120 m² Source
Convecteur élec entrée de gamme300-500 €600-1 000 €1 200-2 000 €Catalogues GSB
Radiateur à inertie (fluide/fonte)800-1 200 €1 500-2 500 €3 000-5 000 €Devis 2026
Plancher chauffant électrique1 750-2 450 €3 500-4 900 €6 000-8 400 €50-70 €/m²
Chaudière gaz à condensation + pose3 000-3 500 €3 500-5 000 €5 000-7 000 €ADEME, devis 2026
PAC air-eau + pose8 000-10 000 €10 000-14 000 €12 000-18 000 €ADEME, devis RGE

Fourchettes incluant pose par un professionnel (RGE pour la PAC), hors aides. Variabilité selon configuration du logement, marque retenue, complexité de la pose.

Quelle énergie selon votre profil de logement ?

L'arbitrage repose sur 4 paramètres : surface chauffée, isolation, réseau gaz disponible (ou non) et durée d'occupation prévue. Voici les 3 profils types et notre recommandation.

1
Petite surface (< 80 m²) — studio, T1-T2
La facture annuelle reste modeste même en électrique direct. Le surcoût d'une chaudière gaz (3 000 à 7 000 € pose comprise) ne se rentabilise pas avant 15 ans. Privilégier un radiateur électrique à inertie en pièce de vie, sèche-serviette en salle de bain. Abonnement 6 kVA option HC/HP si chauffe-eau électrique en parallèle.
2
Maison existante (> 100 m²) raccordée gaz
Maison ancienne avec circuit hydraulique en place et raccordement GRDF déjà actif. Séjour long prévu sur place. La chaudière gaz à condensation reste rentable malgré la suppression de MPR. La bascule vers PAC peut se faire au prochain cycle de remplacement, ou directement aujourd'hui vers une PAC air-eau si l'isolation le permet (DPE C ou mieux).
3
Maison neuve ou rénovation lourde
Construction neuve interdite au gaz par la RE 2020. Rénovation globale avec isolation refaite. Les aides MPR + CEE rendent la PAC accessible avec un reste à charge de 2 000 à 6 000 € après aides pour un foyer modeste à intermédiaire. Direction pompe à chaleur air-eau ou géothermique. Facture annuelle inférieure au gaz grâce à un COP de 4 à 6.
L'option qui bat les deux
La pompe à chaleur air-eau consomme ~51 kWh/m²/an (ADEME) au lieu de 110 en élec direct, soit une facture divisée par 2 à 3. Investissement : 10 000 à 18 000 € pose comprise, ramené à 2 000-6 000 € après MPR + CEE pour un foyer modeste. Rentabilité de 5 à 10 ans typiquement, plus rapide si vous remplacez une chaudière fioul.

Les 6 aides activables en 2026 pour basculer vers une PAC

Si la facture penche vers la pompe à chaleur, six dispositifs nationaux cumulables permettent de ramener le reste à charge à 2 000-6 000 € pour un foyer modeste, voire moins. La condition commune : passer par un installateur RGE QualiPAC.

MaPrimeRénov' — jusqu'à 5 000 €
Aide forfaitaire de l'État, sous conditions de revenus. PAC air-eau : 4 000 € très modestes, 3 000 € modestes. PAC géothermique : 5 000 € très modestes. Voir le détail.
CEE Coup de pouce — jusqu'à 4 000 €
Certificats d'économies d'énergie versés par les fournisseurs d'énergie (EDF, TotalEnergies, Engie...). Bonification Coup de pouce chauffage pour remplacement chaudière fioul ou gaz par PAC.
Éco-PTZ — jusqu'à 50 000 €
Prêt à taux zéro pour financer le reste à charge, étalé sur 15 à 20 ans. Cumulable avec MPR et CEE. Conditions : 1 à 3 gestes de rénovation énergétique. Voir l'Éco-PTZ.
TVA à 5,5 % — ~14,5 % d'économies
Taux réduit appliqué directement par l'installateur RGE sur la fourniture et la pose de la PAC. Pas de démarche à faire. Logement de plus de 2 ans uniquement.
Aides régionales — 500 à 3 000 €
Régions, départements et intercommunalités proposent des bonus locaux cumulables. Vérifier sur france-renov.gouv.fr et auprès de votre conseiller France Rénov'.
Chèque énergie — 48 à 277 €/an
Versé automatiquement aux foyers modestes. Utilisable sur la facture d'élec/gaz ou sur le solde de travaux PAC chez un installateur RGE. Vérifier l'éligibilité.

Le calendrier de décarbonation du chauffage

La stratégie nationale bas carbone (SNBC) fixe l'objectif zéro émission nette en 2050. Le chauffage résidentiel — premier poste d'émissions du bâtiment — fait l'objet d'une série de mesures qui ferment progressivement les options fossiles.

22
2022 — Décret 2022-8 : interdiction des chaudières fioul neuves
Depuis le 1er juillet 2022, plus aucune chaudière fioul neuve ne peut être installée en résidentiel (sauf dérogation impossibilité technique). Le remplacement à l'identique est interdit : il faut basculer sur PAC, biomasse, gaz hybride ou réseau de chaleur.
22
2022 — RE 2020 : interdiction du gaz en maison individuelle neuve
Depuis le 1er janvier 2022, le chauffage gaz n'est plus autorisé en énergie principale dans les maisons individuelles neuves. Plafond d'émission carbone fixé à 4 kgCO₂/m²/an — incompatible avec le gaz seul.
25
2025 — RE 2020 étendue aux logements collectifs neufs
Depuis le 1er janvier 2025, l'interdiction du gaz s'étend aux immeubles collectifs neufs (plafond 6,5 kgCO₂/m²/an). Solutions retenues : pompe à chaleur collective, réseau de chaleur urbain, géothermie.
25
2025 — Loi Climat : interdiction de louer les DPE G
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE (passoires thermiques) sont interdits à la location. Étapes suivantes : 2028 pour les F, 2034 pour les E. Levier majeur pour basculer le parc vers PAC + isolation.
50
2050 — SNBC : sortie complète du gaz fossile résidentiel
Objectif national de neutralité carbone à 2050. Le scénario de référence prévoit une bascule complète du chauffage gaz vers PAC, biomasse, hydrogène vert et réseaux de chaleur. Anticipation recommandée dans toute rénovation lourde.
DPE F et G en location
Si vous êtes propriétaire bailleur, sachez que les logements classés G au DPE sont déjà interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Les classes F suivront en 2028 et E en 2034. Le remplacement d'une chaudière gaz vieillissante par une PAC, couplé à des travaux d'isolation, permet de gagner deux à trois lettres au DPE et de remettre le bien sur le marché locatif.
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3
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Questions fréquentes sur électrique vs gaz

Oui, à techno équivalente et sur le seul prix du kWh. Le TRV électricité est à 0,2001 €/kWh contre 0,1347 €/kWh pour le prix repère gaz B1 chauffage (CRE, 2026-08-01). Mais cette comparaison change radicalement avec une pompe à chaleur : avec un COP de 4, le coût de chaleur électrique tombe à environ 0,05 €/kWh équivalent — moins cher que le gaz. Le bon arbitrage n'est donc pas « élec vs gaz » mais « radiateur élec direct vs PAC vs chaudière gaz ».

MaPrimeRénov' pour les chaudières gaz a été supprimée à partir du 1er janvier 2023, dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone. Le gouvernement oriente les aides vers les énergies renouvelables (PAC, chaudière biomasse, solaire). La TVA à 5,5 % reste applicable sur l'installation d'une chaudière gaz à condensation, ainsi que l'Éco-PTZ dans un bouquet de travaux. Les CEE classiques restent activables sur certains modèles très performants.

Non, depuis l'entrée en vigueur de la RE 2020. Au 1er janvier 2022 : interdiction du gaz comme énergie principale dans les maisons individuelles neuves. Au 1er janvier 2025 : extension aux logements collectifs neufs. Les solutions de chauffage en neuf doivent désormais respecter un plafond d'émission carbone qui exclut de facto le gaz seul. Restent possibles : chaudière gaz hybride (couplée à une PAC) ou en remplacement dans un logement existant.

Sur le critère consommation à confort égal : la pompe à chaleur de loin (51 kWh/m²/an vs 110 pour l'élec direct selon l'ADEME, soit 2 fois moins). Parmi les radiateurs électriques directs, les modèles à inertie sèche ou fluide consomment 15 à 25 % de moins qu'un convecteur d'ancienne génération. Les radiateurs à accumulation, couplés à un abonnement heures pleines / heures creuses, optimisent encore davantage la facture sur les grandes maisons.

Oui, deux abonnements à régler chaque mois si vous êtes au gaz : l'abonnement gaz B1 (360,79 €/an au tarif CRE) et l'abonnement électricité (190,32 €/an en 6 kVA Base au TRV). En tout électrique, un seul abonnement électricité — d'où l'écart de coût total plus faible que sur le seul kWh. À intégrer dans le calcul du coût total annuel, surtout pour les profils petite surface où l'abonnement pèse beaucoup en proportion.

Le mix électrique français est très bas carbone (~50 gCO₂/kWh selon RTE — 92 % d'électricité décarbonée grâce au nucléaire et aux ENR). Le gaz naturel émet ~205 gCO₂/kWh (ADEME). Pour une maison de 100 m² consommant 11 000 kWh élec/an : ~550 kgCO₂/an en électrique, ~2 500 kgCO₂/an en gaz. La PAC, qui utilise 3 à 4 fois moins d'électricité, réduit encore l'empreinte à ~150 kgCO₂/an. C'est l'argument principal qui pousse la réglementation à fermer le gaz en neuf.

Étapes recommandées : (1) audit énergétique pour évaluer la compatibilité du logement, (2) choix entre PAC air-eau (polyvalente, la plus courante) et géothermique (rendement maximal en climat froid), (3) devis d'au moins 3 installateurs RGE QualiPAC, (4) montage du dossier MaPrimeRénov' + CEE + TVA 5,5 %. Comptez 6 à 9 mois entre projet et mise en service.