Chauffage électrique et chauffage gaz : les fondamentaux
Avant de comparer les coûts, comprenons ce qui distingue les deux énergies. L'électricité chauffe directement (radiateur à inertie, plancher chauffant) ou indirectement via une pompe à chaleur. Le gaz nécessite obligatoirement une chaudière, dont l'achat se raréfie depuis la RE 2020 et la suppression de MaPrimeRénov' sur les chaudières fossiles en 2023. Chaque énergie a ses forces et ses limites : voici un récap équilibré, énergie par énergie.
Chauffage électrique : avantages et inconvénients
- Installation la moins chère : 100 à 1 500 € par radiateur, aucun raccordement à prévoir (le compteur électrique est déjà là)
- Pas d'entretien obligatoire, pas de chaudière à remplacer tous les 15-20 ans
- Mix électrique bas carbone en France (~50 gCO₂/kWh selon RTE — 92 % décarboné grâce au nucléaire et aux ENR)
- Compatible RE 2020 en neuf (couplé à une PAC obligatoire) — pas d'horizon réglementaire de sortie
- Prix kWh ~2 fois plus cher que le gaz : 0,2001 €/kWh au TRV vs 0,1347 €/kWh PRG B1
- Facture annuelle élevée sur grandes surfaces (> 100 m²) en radiateur direct, abonnement gros calibre (> 9 kVA) souvent nécessaire
- Confort thermique moins homogène qu'un chauffage central (radiateur direct) sauf à investir en plancher chauffant ou en PAC
- Pas d'aides MaPrimeRénov' sur le radiateur électrique direct (la PAC reste éligible jusqu'à 5 000 €)
Côté gaz, l'équation est inverse : le kWh est le moins cher du marché, mais l'investissement initial et les frais récurrents (entretien, abonnement B1) pèsent davantage. La RE 2020 referme par ailleurs la porte du neuf — le gaz reste donc une option de remplacement dans l'existant.
Chauffage gaz : avantages et inconvénients
- Prix kWh imbattable : 0,1347 €/kWh au PRG B1 (CRE) — 2 fois moins cher que le kWh électrique
- Confort de chauffage central homogène (radiateurs eau, plancher chauffant), chaleur douce et inertie
- ECS produite en même temps par la chaudière (pas besoin d'un cumulus séparé)
- Durée de vie 15 à 20 ans, technologie éprouvée et largement distribuée (16 600 communes raccordées GRDF)
- Investissement initial élevé : 3 000 à 7 000 € pose comprise pour la chaudière, +520 € GRDF si nouveau raccordement
- Entretien annuel obligatoire par un professionnel (décret 2009-649, ~150 €/an)
- Aides MaPrimeRénov' supprimées depuis le 1er janvier 2023 (restent TVA 5,5 %, Éco-PTZ et certains CEE)
- RE 2020 ferme la porte du neuf : interdit en maison individuelle (2022) et collectif (2025)
- Empreinte CO₂ ~205-227 gCO₂/kWh (ADEME) — 4 fois plus que le mix élec français
L'arbitrage se joue donc sur l'équation surface × isolation × zone × abonnements. Le gaz reste imbattable au kWh, mais l'addition de l'abonnement B1 (~344 €/an), de l'entretien obligatoire et de l'investissement initial réduit l'écart de facture totale — surtout sur des surfaces inférieures à 80 m².
Combien vous coûte le chauffage chez vous ?
Réglez la surface, l'isolation (lettre DPE) et la zone climatique. Le simulateur calcule la facture annuelle estimée pour chauffage électrique direct, chaudière gaz à condensation et pompe à chaleur air-eau, abonnements inclus. Tarifs CRE en vigueur le 2026-08-01.
Méthodologie : conso ADEME (110 kWh/m²/an élec direct, 122 gaz rdt 90 %, 51 PAC air-eau COP 4) × coefficient isolation DPE × zone climatique. Tarifs CRE en vigueur le 2026-08-01. Abonnements B1 gaz (360,79 €/an) et Base 6 kVA élec (190,32 €/an) inclus. Estimation indicative, hors taxes locales et heures creuses.
4 cas chiffrés : du studio à la maison ancienne
Le facteur décisif n'est pas le prix du kWh isolément, mais l'équation surface × isolation × zone × abonnements. Voici quatre logements représentatifs du parc français, avec leur facture annuelle estimée pour chaque techno (calculs au tarif CRE du 2026-08-01, zone H2, abonnement compris).
| Logement | Profil DPE | Élec direct | Gaz condensation | PAC air-eau | Gagnant |
|---|---|---|---|---|---|
| Studio neuf 35 m² | DPE B (RT 2012 récent) | 730 € | 954 € | 440 € | PAC |
| Appartement T3 70 m² | DPE C (bien isolé) | 1 500 € | 1 529 € | 798 € | PAC |
| Maison 120 m² | DPE D (rénové 2010) | 2 832 € | 2 524 € | 1 415 € | PAC |
| Maison ancienne 150 m² | DPE F (avant 1975) | 5 308 € | 4 373 € | 2 563 € | PAC |
Hypothèses : conso ADEME × coefficient isolation DPE × zone H2. Tarifs CRE en vigueur le 2026-08-01, abonnements TRV Base 6 kVA (190,32 €/an) et PRG B1 gaz (360,79 €/an) inclus dans le cas gaz.
Tableau récapitulatif sur 9 critères
À investissement comparable, le gaz l'emporte sur la facture annuelle ; mais l'installation coûte plus cher et l'entretien est obligatoire. Au-delà du kWh, c'est l'addition des coûts (achat + abonnement + entretien + remplacement) qui détermine le vrai gagnant sur 15 ans.
| Critère | Chauffage électrique | Chauffage gaz |
|---|---|---|
| Prix du kWh | 0,2001 € (TRV) | 0,1347 € (PRG B1) |
| Conso typique 100 m² DPE C | ~9 350 kWh/an | ~10 370 kWh/an |
| Facture annuelle 100 m² DPE C | ~2 061 € | ~1 948 € |
| Investissement installation | 100 à 1 500 €/radiateur | 3 000 à 7 000 € |
| Raccordement initial | Aucun (compteur existant) | 450 à 520 € GRDF si neuf |
| Entretien annuel obligatoire | Non | Oui (~150 €/an, décret 2009-649) |
| Aides à la rénovation 2026 | TVA 5,5 % (PAC), CEE, Éco-PTZ | Aucune sur chaudière gaz (MPR supprimée 2023) |
| Construction neuve | Autorisé (PAC obligatoire RE 2020) | Interdit (RE 2020) |
| Durée de vie | 15 à 20 ans (radiateurs) | 15 à 20 ans (chaudière) |
Hypothèses : chauffage élec direct 110 kWh/m²/an, chaudière gaz à condensation 122 kWh/m²/an (rendement 90 %), coefficient isolation DPE C = 0,85. Sources : ADEME, CRE (TRV élec et PRG gaz au 2026-08-01), décret 2009-649.
Coût d'installation par techno et par surface
L'installation représente 5 à 15 % du coût total sur 15 ans. Le radiateur élec à inertie reste le plus accessible. La chaudière gaz double l'investissement, mais avec une durée de vie comparable. La PAC est la plus chère à l'achat — mais s'amortit en 5 à 10 ans grâce aux économies d'énergie.
| Solution | Studio 35 m² | T3 70 m² | Maison 120 m² | Source |
|---|---|---|---|---|
| Convecteur élec entrée de gamme | 300-500 € | 600-1 000 € | 1 200-2 000 € | Catalogues GSB |
| Radiateur à inertie (fluide/fonte) | 800-1 200 € | 1 500-2 500 € | 3 000-5 000 € | Devis 2026 |
| Plancher chauffant électrique | 1 750-2 450 € | 3 500-4 900 € | 6 000-8 400 € | 50-70 €/m² |
| Chaudière gaz à condensation + pose | 3 000-3 500 € | 3 500-5 000 € | 5 000-7 000 € | ADEME, devis 2026 |
| PAC air-eau + pose | 8 000-10 000 € | 10 000-14 000 € | 12 000-18 000 € | ADEME, devis RGE |
Fourchettes incluant pose par un professionnel (RGE pour la PAC), hors aides. Variabilité selon configuration du logement, marque retenue, complexité de la pose.
Quelle énergie selon votre profil de logement ?
L'arbitrage repose sur 4 paramètres : surface chauffée, isolation, réseau gaz disponible (ou non) et durée d'occupation prévue. Voici les 3 profils types et notre recommandation.
Les 6 aides activables en 2026 pour basculer vers une PAC
Si la facture penche vers la pompe à chaleur, six dispositifs nationaux cumulables permettent de ramener le reste à charge à 2 000-6 000 € pour un foyer modeste, voire moins. La condition commune : passer par un installateur RGE QualiPAC.
Le calendrier de décarbonation du chauffage
La stratégie nationale bas carbone (SNBC) fixe l'objectif zéro émission nette en 2050. Le chauffage résidentiel — premier poste d'émissions du bâtiment — fait l'objet d'une série de mesures qui ferment progressivement les options fossiles.
Annonce — Service Selectra d'accompagnement aux travaux de rénovation énergétique.
Questions fréquentes sur électrique vs gaz
Oui, à techno équivalente et sur le seul prix du kWh. Le TRV électricité est à 0,2001 €/kWh contre 0,1347 €/kWh pour le prix repère gaz B1 chauffage (CRE, 2026-08-01). Mais cette comparaison change radicalement avec une pompe à chaleur : avec un COP de 4, le coût de chaleur électrique tombe à environ 0,05 €/kWh équivalent — moins cher que le gaz. Le bon arbitrage n'est donc pas « élec vs gaz » mais « radiateur élec direct vs PAC vs chaudière gaz ».
MaPrimeRénov' pour les chaudières gaz a été supprimée à partir du 1er janvier 2023, dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone. Le gouvernement oriente les aides vers les énergies renouvelables (PAC, chaudière biomasse, solaire). La TVA à 5,5 % reste applicable sur l'installation d'une chaudière gaz à condensation, ainsi que l'Éco-PTZ dans un bouquet de travaux. Les CEE classiques restent activables sur certains modèles très performants.
Non, depuis l'entrée en vigueur de la RE 2020. Au 1er janvier 2022 : interdiction du gaz comme énergie principale dans les maisons individuelles neuves. Au 1er janvier 2025 : extension aux logements collectifs neufs. Les solutions de chauffage en neuf doivent désormais respecter un plafond d'émission carbone qui exclut de facto le gaz seul. Restent possibles : chaudière gaz hybride (couplée à une PAC) ou en remplacement dans un logement existant.
Sur le critère consommation à confort égal : la pompe à chaleur de loin (51 kWh/m²/an vs 110 pour l'élec direct selon l'ADEME, soit 2 fois moins). Parmi les radiateurs électriques directs, les modèles à inertie sèche ou fluide consomment 15 à 25 % de moins qu'un convecteur d'ancienne génération. Les radiateurs à accumulation, couplés à un abonnement heures pleines / heures creuses, optimisent encore davantage la facture sur les grandes maisons.
Oui, deux abonnements à régler chaque mois si vous êtes au gaz : l'abonnement gaz B1 (360,79 €/an au tarif CRE) et l'abonnement électricité (190,32 €/an en 6 kVA Base au TRV). En tout électrique, un seul abonnement électricité — d'où l'écart de coût total plus faible que sur le seul kWh. À intégrer dans le calcul du coût total annuel, surtout pour les profils petite surface où l'abonnement pèse beaucoup en proportion.
Le mix électrique français est très bas carbone (~50 gCO₂/kWh selon RTE — 92 % d'électricité décarbonée grâce au nucléaire et aux ENR). Le gaz naturel émet ~205 gCO₂/kWh (ADEME). Pour une maison de 100 m² consommant 11 000 kWh élec/an : ~550 kgCO₂/an en électrique, ~2 500 kgCO₂/an en gaz. La PAC, qui utilise 3 à 4 fois moins d'électricité, réduit encore l'empreinte à ~150 kgCO₂/an. C'est l'argument principal qui pousse la réglementation à fermer le gaz en neuf.
Étapes recommandées : (1) audit énergétique pour évaluer la compatibilité du logement, (2) choix entre PAC air-eau (polyvalente, la plus courante) et géothermique (rendement maximal en climat froid), (3) devis d'au moins 3 installateurs RGE QualiPAC, (4) montage du dossier MaPrimeRénov' + CEE + TVA 5,5 %. Comptez 6 à 9 mois entre projet et mise en service.