Le prix du gaz va-t-il augmenter dans les prochains mois ?
La hausse est déjà confirmée pour octobre 2026. La CRE a publié un prix repère de 0,14558 €/kWh, contre 0,13474 €/kWh en septembre, soit une augmentation de 8,0 % sur la part variable de la facture.
Pour un foyer chauffé au gaz consommant 13 450 kWh par an, cette différence représenterait environ 146 € supplémentaires sur une année, si le prix de octobre restait appliqué pendant douze mois. La hausse de octobre n'est donc plus une estimation. Elle correspond au prochain barème publié par la CRE.
Pour novembre 2026 et les mois suivants, il faut en revanche parler de prévisions. La CRE ne publiant son prix repère qu'un mois à l'avance, Selectra estime son évolution à partir de la méthode de calcul de la CRE et des cotations disponibles sur le marché de gros.
À ce stade, ces estimations ne montrent pas de retour au niveau observé en septembre. Le prix atteindrait son point le plus élevé en janvier 2027, avec une hausse de 19,2 % par rapport à septembre. Il resterait au-dessus du niveau actuel sur l'ensemble de la période couverte.
Le tableau ci-dessous distingue les prix déjà publiés par la CRE des estimations Selectra, afin de suivre l'évolution attendue du prix du gaz sans présenter une prévision comme un tarif définitif.
Écart du prix repère gaz par rapport à septembre 2026, profil chauffage (classe B1). Facture annuelle calculée pour 13 450 kWh/an, abonnement inclus. Sources : CRE pour les barèmes publiés, estimation Selectra pour les mois qui ne le sont pas encore.
Les estimations Selectra donnent une indication sur l'évolution que pourrait suivre le prix du gaz au cours des prochains mois. Elles sont calculées à partir des données disponibles au moment de l'estimation. Elles peuvent encore être revues si les prix sur le marché de gros évoluent avant la publication du barème officiel par la CRE.
Le seul indicateur qui dise quelque chose du moyen terme est le contrat à terme, coté chaque jour sur EEX par les opérateurs qui achètent et vendent réellement le gaz. Au 11/09/2026, le marché cote l'année 2027 à 58,38 €/MWh, l'année 2028 à 36,04 €/MWh, l'année 2029 à 28,26 €/MWh.
La détente anticipée est donc réelle, mais elle ne se situe pas dans les mois qui viennent. Le marché cote l'année 2028 environ 38 % en dessous de l'année 2027. C'est cette comparaison d'une année entière à une autre qui fait sens, car un contrat annuel moyenne les mois d'été, moins chers, avec les mois d'hiver.
Il ne faut pas confondre saisonnalité et retournement. Le marché cote le 1er trimestre 2027 à 77,07 €/MWh et le 2e trimestre 2027 à 55,70 €/MWh. L'écart paraît spectaculaire, mais l'été est structurellement moins cher que l'hiver chaque année, puisque la demande de chauffage disparaît. Ce creux ne signale aucun changement de tendance.
Un contrat à terme reste par ailleurs une anticipation, et non un prix garanti. Il se déplace à chaque révision du niveau des stocks européens et à chaque événement géopolitique.
Enfin, une détente du marché de gros ne se répercute pas intégralement sur votre facture. La fourniture n'en représente que 44,6 %, et les tarifs d'acheminement suivent pour leur part une trajectoire structurellement haussière. Une baisse du prix de gros allège donc une partie du montant, pas la totalité.
Privilégiez les offres de gaz à prix fixe
Sur une trajectoire orientée à la hausse, une offre de gaz à prix fixe est la seule formule qui bloque le prix du kilowattheure de fourniture. Le fournisseur s'engage sur un tarif pour un, deux ou trois ans selon le contrat, et les révisions mensuelles du prix repère ne s'y appliquent pas. Une offre indexée suit au contraire chaque marche du tableau ci-dessus, mois après mois.
Reprenons le foyer qui consomme 13 450 kWh par an. S'il reste sur une offre indexée, sa facture suivra la hausse jusqu'à son point le plus haut en janvier, ce qui représente environ 348 € de plus sur douze mois à ce niveau de prix. S'il souscrit une offre à prix fixe maintenant, le prix du kilowattheure de fourniture inscrit à son contrat ne bougera pas pendant toute la durée de l'engagement.
Le prix fixe porte sur la fourniture, c'est-à-dire sur 44,6 % de la facture d'un foyer chauffé au gaz. Les 26,2 % d'acheminement et les 29,2 % de taxes continuent d'évoluer sur tous les contrats, fixes comme indexés.
L'abonnement en donne la mesure la plus directe. Il est passé de 330,79 € à 360,79 € par an en douze mois, soit 30 € supplémentaires. Cette ligne rémunère le réseau de distribution et non le fournisseur, donc aucun engagement de prix ne la verrouille.
Reste à savoir à quel niveau le fournisseur propose de bloquer le prix du kilowattheure. Deux offres de gaz à prix fixe peuvent garantir un prix pendant la même durée tout en affichant des tarifs de départ très différents. La méthode pour trancher entre prix fixe et prix indexé, chiffres en main, fait l'objet d'un guide à part.
Pour les comparer correctement, il faut prendre en compte le prix du kilowattheure, mais aussi celui de l'abonnement, puis calculer le coût total pour une même consommation. Une offre qui protège contre les prochaines hausses n'est pas nécessairement avantageuse si son prix de départ est déjà sensiblement supérieur aux tarifs actuellement disponibles. Notre comparatif des offres de gaz les moins chères du marché permet de confronter ces tarifs sur une même base de consommation, et la page consacrée au prix du gaz détaille chacune des composantes de la facture.
Comment le prix du gaz a-t-il évolué ces dernières années ?
Le prix repère du gaz est recalculé chaque mois par la CRE. La formule combine 80 % de l'indice mensuel PEG et 20 % de l'indice trimestriel, sur des périodes d'observation qui s'achèvent un mois avant la livraison. Un mouvement du marché de gros n'arrive donc sur la facture qu'avec environ un mois de décalage. La courbe ci-dessous reprend les 37 dernières publications de la CRE pour le profil chauffage, exprimées en €/MWh.
Source : Commission de Régulation de l'Énergie, série mensuelle du Prix Repère Gaz, profil chauffage (classe B1).
Sur la période couverte, le prix repère du profil chauffage est passé d'un point bas de 87,9 €/MWh à un pic de 160,6 €/MWh. L'écart entre ces deux extrêmes atteint 72,7 €/MWh. Pour un foyer relevant de la classe de consommation B1, la facture annuelle a varié dans le même temps de 1 440 € à 2 521 €.
Ces montants sont calculés en kilowattheures, alors que le compteur de gaz relève des mètres cubes. Le passage d'une unité à l'autre dépend du coefficient de conversion appliqué dans votre commune.
La CRE applique une formule de pondération mensuelle. Elle mêle l'indice PEG mensuel, pour 80 %, et l'indice PEG trimestriel, pour 20 %, sur des fenêtres d'observation qui s'achèvent un mois avant la livraison.
Le prix repère d'un mois donné reflète donc le marché de gros tel qu'il était un mois plus tôt. C'est ce décalage qui explique qu'un choc de marché n'apparaisse sur la facture qu'au mois suivant. La méthodologie complète est publiée par la CRE dans sa délibération du 30 juin 2023.
Que dit le marché de gros sur les années à venir ?
Les contrats à terme cotés sur la bourse EEX donnent une lecture du prix de gros anticipé pour les années à venir. Ces cotations ne sont pas des projections d'analystes. Elles résultent de transactions réelles entre fournisseurs, traders et industriels, qui engagent leur argent sur ces niveaux de prix. C'est ce qui en fait l'indicateur le plus objectif dont on dispose sur les anticipations du marché.
Comment les anticipations du marché ont évolué sur un an
Cette courbe reprend les moyennes mensuelles des cotations EEX des contrats à terme annuels, entre septembre 2025 et septembre 2026. Elle montre comment les anticipations du marché de gros se sont déplacées au cours des 13 derniers mois.
Source : moyennes mensuelles des cotations EEX (PEG futures) — Selectra. Un point par mois et par échéance annuelle (Y+1, Y+2, Y+3).
Sur la période, le contrat annuel 2027 est passé de 28,82 €/MWh à 54,76 €/MWh, soit une hausse de 90,0 %. Ces déplacements traduisent des anticipations qui changent au fil des mois. Un hiver doux détend les cours, un choc géopolitique les fait remonter, et le niveau de remplissage des stocks européens joue dans un sens comme dans l'autre. Ces déterminants sont détaillés sur la page consacrée au prix du gaz dans le monde.
Les cotations du jour, du mois le plus proche aux échéances annuelles
Le tableau ci-dessous donne les niveaux de cotation relevés au 11/09/2026. La première ligne correspond au contrat mensuel le plus proche, les suivantes aux échéances annuelles.
Source : Selectra, contrats à terme PEG cotés sur EEX au 11/09/2026. Le spot mensuel donne l'indication la plus immédiate, les annuels l'horizon long.
Entre 2027 et 2029, les cotations reculent de 51,6 %. Cette anticipation peut bouger fortement d'un mois à l'autre. Les événements géopolitiques, le niveau des stocks européens et la concurrence sur le gaz naturel liquéfié la font varier en permanence. Il faut donc la lire comme une photographie du consensus de marché à un instant donné, et non comme une garantie de prix futurs.
Les événements qui ont structuré le marché du gaz
L'évolution du prix du gaz ne se lit pas uniquement dans la courbe. Chaque rupture visible correspond le plus souvent à une décision datée, qu'elle soit réglementaire, fiscale ou géopolitique. La chronologie ci-dessous reprend les principaux jalons depuis la fusion des hubs gaz français en 2018.
Deux pages prolongent cette lecture. Celle consacrée à l'augmentation du prix du gaz reprend chaque révision à la hausse et la décision qui l'a provoquée. Celle sur la baisse du prix du gaz examine les conditions dans lesquelles la tendance peut s'inverser.
Source : CRE, Légifrance, presse spécialisée. Dates de mise en application effective des mesures.
Pourquoi le prix du gaz évolue : les trois leviers
Le prix du gaz facturé n'est pas un seul nombre. Il agrège trois composantes qui obéissent à des dynamiques distinctes. Pour un foyer chauffé au gaz, la fourniture pèse 44,6 % de la facture, l'acheminement 26,2 % et les taxes 29,2 %.
Savoir laquelle de ces trois parts bouge, et de combien, permet de lire une hausse sans se tromper de cause. C'est aussi ce qui détermine la portée réelle d'une offre à prix fixe, puisqu'elle ne verrouille que la première.
L'approvisionnement (44,6 % de la facture)
C'est la part qui suit la courbe ci-dessus. Chaque fournisseur de gaz achète la molécule sur le marché de gros, au PEG en France ou au TTF aux Pays-Bas, avant de la revendre à ses clients. Quand ces cotations montent, le prix repère monte avec environ un mois de décalage, et il redescend de la même façon. C'est la composante la plus mobile de la facture : elle peut varier de 20 % en quelques mois lors d'un choc géopolitique ou d'un hiver rigoureux en Europe, comme l'a montré la séquence 2021-2023.
L'acheminement (26,2 % de la facture)
L'acheminement regroupe trois tarifs, tous fixés par la CRE. Le tarif de transport (ATRT) rémunère NaTran et Teréga pour les grandes canalisations à haute pression. Le tarif de distribution (ATRD) rémunère GRDF pour le réseau qui arrive jusqu'à votre compteur. Le tarif de stockage (ATS) rémunère Storengy, Teréga et Géométhane pour les réserves qui absorbent les pointes de l'hiver.
Ces tarifs sont révisés une à deux fois par an, en fonction des coûts d'investissement constatés. Ils ne sont pas volatils, mais leur trajectoire est structurellement haussière. Le nombre de consommateurs raccordés diminue, et le coût du réseau se répartit donc sur moins de clients chaque année.
Les taxes et contributions (29,2 % de la facture)
Trois prélèvements s'ajoutent en bout de facture. La CTA est assise sur la part fixe de l'ATRD. L'accise sur le gaz, anciennement appelée TICGN, s'élève à 16,66 €/MWh. La TVA s'applique à 20 % sur l'abonnement comme sur la consommation depuis le 1er août 2025.
S'y ajoute la composante CEE et CPB, à 12,63 €/MWh. Elle finance les certificats d'économies d'énergie et les certificats de production de biogaz, deux obligations que l'État impose aux fournisseurs et que ceux-ci répercutent sur les factures.
En août 2025, l'accise sur le gaz est passée de 17,16 à 15,43 €/MWh. Cette baisse a partiellement compensé le passage de la TVA sur l'abonnement de 5,5 % à 20 %, décidé au même moment. Pour un foyer chauffé au gaz, l'effet net a donc été presque nul à très court terme. L'accise s'élève aujourd'hui à 16,66 €/MWh.
Le poste taxes reste malgré tout orienté à la hausse sur le long terme. Chaque nouvelle obligation environnementale, le biogaz aujourd'hui et l'hydrogène vert demain, ajoute un prélèvement à la facture.
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Questions fréquentes sur l'évolution du prix du gaz
Le prix repère du gaz pour le profil chauffage (classe B1) en septembre 2026 s'établit à 0,13474 €/kWh, soit une facture annuelle type d'environ 2 173 € pour 13 450 kWh/an.
Le prix repère du profil chauffage progresse de 6,0 % ce mois-ci par rapport au mois précédent. Sur douze mois glissants, il progresse en revanche de 27,8 %. Pour le mois qui vient, l'écart ressort à 8,0 % à la hausse, selon le barème déjà publié par la CRE. Tous ces chiffres proviennent de la série publiée par la CRE, sans projection éditoriale.
Au 11/09/2026, le contrat à terme portant sur l'année 2027 se cote 58,38 €/MWh sur EEX. Ces cotations reflètent les anticipations agrégées des opérateurs de marché. Elles peuvent bouger fortement d'un mois à l'autre, selon les chocs géopolitiques, le niveau des stocks européens et la concurrence sur le gaz naturel liquéfié.
La CRE applique une formule de pondération. Elle retient 80 % du prix moyen de l'indice mensuel PEG du mois cible, sur une fenêtre qui s'achève un mois avant la livraison, et 20 % du prix moyen de l'indice trimestriel correspondant. Le calcul intègre donc le marché de gros tel qu'il était environ un mois plus tôt. Une flambée brusque du marché de gros n'apparaît par conséquent sur la facture qu'au mois suivant.
Trois prélèvements principaux pèsent sur la facture de gaz. La CTA est assise sur la part fixe du tarif de distribution. L'accise sur le gaz, anciennement appelée TICGN, s'élève à 16,66 €/MWh. La TVA s'applique à 20 % sur l'abonnement comme sur la consommation depuis le 1er août 2025. S'y ajoute la composante CEE et CPB, à 12,63 €/MWh, qui finance les certificats d'économies d'énergie et de production de biogaz.
Sur la trajectoire actuelle, le prix fixe est la seule formule qui neutralise une hausse déjà publiée : il verrouille le prix du kWh de fourniture pendant un, deux ou trois ans, alors qu'une offre indexée sur le prix repère répercute chaque révision mensuelle.
Cette protection ne couvre pas la facture entière. La fourniture ne pèse que 44,6 % de ce que paie un foyer chauffé au gaz, et l'acheminement comme les taxes continuent d'évoluer sur tous les contrats. Avant de souscrire, il faut donc comparer le prix du kilowattheure et celui de l'abonnement, puis calculer le coût annuel pour votre propre consommation.