Pourquoi le prix de l'électricité augmente au 1ᵉʳ août 2026
Le tarif réglementé de vente augmente de 2,5 % TTC en moyenne depuis le 1ᵉʳ août 2026. La Commission de régulation de l'énergie a formulé cette proposition dans sa délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026, avant publication des décisions tarifaires au Journal officiel du 29 juillet. Les 19,37 millions de foyers encore au tarif réglementé sont concernés, ainsi que tous les clients dont l'offre est indexée sur ce tarif. La CRE chiffre l'effet à +5,98 € TTC par MWh, soit une facture annuelle type qui passe de 1 046 € à 1 072 € pour une consommation de 4,5 MWh.
L'origine de cette hausse mérite d'être précisée, car elle n'est pas celle des crises précédentes. Le marché de gros n'est pas en cause et aucune taxe nouvelle n'a été créée. Trois mouvements se compensent partiellement, et deux d'entre eux tirent vers le haut.
Ce que le TURPE rattrape exactement
La revalorisation du TURPE n'est pas un simple ajustement à l'inflation. Le calcul publié par la CRE combine une inflation prévisionnelle 2026 de +1,30 %, un écart d'inflation constaté sur 2025 de −0,91 %, un coefficient annuel de −0,35 % sur la distribution, et surtout un coefficient de rattrapage (CRCP) de +3 %, à son plafond réglementaire. Ce plafonnement signifie que le rattrapage aurait dû être plus élevé encore, et qu'une partie sera reportée sur les années suivantes.
La raison de ce rattrapage tient en une phrase : les Français ont moins consommé d'électricité que prévu en 2025. Comme le TURPE se facture en grande partie au kilowattheure acheminé, Enedis et RTE ont encaissé des recettes inférieures à la trajectoire fixée par le régulateur, tout en supportant des charges supérieures aux prévisions. Le CRCP existe précisément pour lisser ces écarts dans le temps. Concrètement, la composante de gestion passe de 16,80 € à 17,12 € par an, le comptage de 22,00 € à 22,67 € et la part fixe de soutirage de 10,11 € à 10,42 € par kVA souscrit.
Cette hausse d'acheminement s'applique de la même manière quel que soit votre contrat, y compris sur une offre à prix fixe. Un fournisseur ne peut pas la neutraliser : elle est fixée par la CRE et refacturée à l'identique par tout le marché.
Seule la part fourniture, celle qui rémunère l'énergie et la commercialisation, reste négociable. C'est donc uniquement sur elle que le changement d'offre permet de compenser la révision d'août.
Combien la hausse coûte selon votre profil
L'effet ressenti dépend surtout du volume consommé, puisque l'essentiel de la hausse porte sur le prix du kilowattheure et non sur l'abonnement. Les factures ci-dessous sont calculées au tarif réglementé, option Base, avec la grille de février 2026 puis celle du 1ᵉʳ août 2026.
| Profil | Facture fév. 2026 | Facture août 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Studio 6 kVA · 1 600 kWh/an |
498 € | 510 € | +12 € +2,5 % |
| Appartement familial 6 kVA · 3 500 kWh/an |
867 € | 891 € | +24 € +2,8 % |
| Maison chauffage électrique 9 kVA · 8 500 kWh/an |
1 873 € | 1 926 € | +53 € +2,8 % |
Source : Selectra, d'après les grilles CRE de février et d'août 2026 · Octobre 2026
Les deux révisions du tarif réglementé en 2026
L'année 2026 illustre bien le rythme semestriel du tarif réglementé de l'électricité. Au 1ᵉʳ février, le prix du kWh en option Base à 6 kVA avait reculé de 3,8 %, de 0,2016 € à 0,1940 €, dans le sillage de la fin de l'ARENH. Six mois plus tard, la révision du 1ᵉʳ août ramène ce même kWh à 0,2001 €. Sur l'ensemble de l'année, le solde reste donc légèrement haussier, de l'ordre de +1,9 % pour un foyer moyen.
- 1ᵉʳ février : fin de l'ARENH, la formule du TRV n'inclut plus de prix nucléaire régulé et la brique approvisionnement devient entièrement adossée au marché de gros ;
- 1ᵉʳ février : baisse de la CTA, dont le taux passe de 21,93 % à 15 % de la part fixe du TURPE, soit 1 € à 3 € de moins par an sur l'abonnement ;
- 1ᵉʳ août : révision annuelle du TURPE de +3,04 %, qui pèse pour environ un point de hausse à elle seule ;
- 1ᵉʳ août : entrée du mécanisme de capacité dans la formule, partiellement compensée par le repli de l'accise de 30,85 à 30,62 €/MWh.
Comparaison du TRV avant et après le 1ᵉʳ août 2026
Pour un abonné en option Base à 6 kVA consommant 5 700 kWh par an, qui est le profil de référence retenu sur ce site, la facture TTC évolue de la façon suivante entre les deux grilles.
| Composante | Juillet 2026 | Août 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Abonnement annuel | 187,80 € | 190,32 € | +1,3 % |
| Prix du kWh TTC | 0,1940 € | 0,2001 € | +3,1 % |
| Coût annuel pour 5 700 kWh | 1 294 € | 1 331 € | +37 € / an |
Source : Selectra, d'après les grilles CRE · Octobre 2026
Qui est concerné par la révision d'août
La nouvelle grille s'applique automatiquement aux abonnés au tarif Bleu d'EDF ainsi qu'aux clients d'offres indexées sur le tarif réglementé, dont le prix suit mécaniquement le TRV avec la remise contractuelle. Aucune démarche n'est nécessaire : le changement apparaît sur la première facture couvrant une période postérieure au 1ᵉʳ août.
Les détenteurs d'une offre à prix fixe conservent leur prix du kWh hors taxes, mais subissent tout de même la part acheminement et l'évolution des taxes, qui ne sont jamais bloquées par un contrat. Quant aux offres indexées sur les marchés, elles suivent leur propre grille : le prix spot de l'électricité y sert de repère et peut évoluer dans un sens différent du tarif réglementé.
Historique des hausses du prix de l'électricité
Le tarif réglementé fait l'objet d'une révision annuelle, généralement en février et en août. Sur la dernière décennie, l'évolution annuelle moyenne a été modérée jusqu'en 2022, puis brutale entre 2022 et 2024 sous l'effet de la crise énergétique. Le mouvement s'inverse depuis 2025.
Évolution cumulée annuelle du TRV TTC, option Base. Sources : CRE, arrêtés tarifaires 2026.
2023-2024 : trois hausses successives
La séquence la plus dure pour le pouvoir d'achat des ménages s'est étalée sur 12 mois, entre février 2023 et février 2024. Le kWh TTC en option Base est passé de 0,1740 € à 0,2516 €, soit +44,6 % en deux ans. Trois étapes :
| Date | Évolution | Cause principale |
|---|---|---|
| 1ᵉʳ février 2023 | +15 % | Premier desserrement du bouclier tarifaire (sans bouclier, +99 % auraient été appliqués) |
| 1ᵉʳ août 2023 | +10 % | Poursuite du retour vers les coûts réels du marché de gros |
| 1ᵉʳ février 2024 | +9 % | Hausse de l'accise (5,01 €/MWh → 21 €/MWh) et fin progressive du bouclier |
2025-2026 : une détente interrompue en août
Ce qui change, c'est la nature du coût qui progresse. La composante énergie reste sage, mais l'acheminement et le coût de la sécurité d'approvisionnement prennent le relais. Ces deux postes sont identiques pour tous les fournisseurs, ce qui explique que la hausse touche l'ensemble du marché et pas seulement le tarif réglementé.
Pourquoi le prix de l'électricité augmente-t-il ?
Le tarif réglementé reflète l'addition de plusieurs briques de coûts. Une hausse n'a presque jamais une seule cause, mais résulte de la combinaison de plusieurs facteurs. Voici les trois leviers qui ont expliqué l'essentiel des mouvements depuis 2022.
La facture d'électricité, comment se décompose-t-elle ?
Pour comprendre l'origine d'une hausse, il faut savoir où va chaque euro payé. Voici la structure d'une facture moyenne au tarif réglementé en 2026 :
La part « taxes » (accise, CTA, TVA) est celle qui a le plus pesé dans la dynamique haussière 2023-2024. La part « fourniture » (énergie consommée et coût de commercialisation) reflète directement le marché de gros et l'éventuelle minoration du VNU. La part « acheminement » (TURPE) est revue tous les quatre ans dans son cadre principal, avec des ajustements annuels.
Le passage de l'ARENH au VNU en 2026
Le 31 décembre 2025, l'ARENH a pris fin après 14 ans d'existence. Le mécanisme obligeait EDF à céder jusqu'à 100 TWh d'électricité nucléaire à 42 €/MWh à ses concurrents. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, il est remplacé par le Versement Nucléaire Universel (VNU), qui ne contraint plus EDF à vendre son énergie mais prélève une partie des revenus excédentaires du nucléaire pour les redistribuer aux consommateurs.
La formule mêlait électricité nucléaire à 42 €/MWh et complément acheté sur le marché de gros.
- Prix ARENH plafonné à 42 €/MWh
- Complément marché souvent plus cher
- Écrêtement systématique depuis 2018
Le TRV est entièrement adossé au marché de gros. Le VNU vient en déduction lorsque les seuils sont franchis.
- 100 % marché côté approvisionnement
- Prélèvement progressif à 50 % puis 90 %
- Minoration directe sur la facture en cas de flambée
Concrètement, tant que les prix de gros restent autour de 50 €/MWh, le VNU ne se déclenche pas et l'effet sur la facture reste neutre. En cas de flambée comme en 2022, le mécanisme prend automatiquement le relais pour amortir le choc. Les tarifs réglementés de vente et les offres indexées suivent ce nouveau cadre.
Comment se protéger contre les hausses ?
Trois leviers permettent de limiter l'impact d'une éventuelle hausse future. Aucun n'est définitif, mais la combinaison du choix d'offre, du dimensionnement de l'abonnement et d'éco-gestes peut faire baisser la facture annuelle de 100 € à 300 €.
Comparer les offres pour payer moins cher
Une offre de marché peut afficher une remise de 5 % à 15 % sur le prix du kWh par rapport au TRV. Pour un abonné consommant 5 700 kWh par an, cela représente 60 € à 180 € d'économies annuelles. Le comparateur d'électricité permet d'identifier en quelques minutes une offre adaptée à votre profil.
Les fournisseurs comme Octopus Energy, TotalEnergies ou ekWateur proposent régulièrement des offres compétitives.
Souscrire une offre à prix fixe
Une offre à prix fixe bloque le prix du kWh hors taxes pour une durée de 1, 2 ou 3 ans. En cas de hausse du TRV ou des marchés de gros, le client est protégé. En cas de baisse, il ne profite pas immédiatement du recul des prix.
À noter : la part « taxes » et l'abonnement peuvent toujours évoluer même en prix fixe, car ils sont fixés par les pouvoirs publics et non par le fournisseur.
Adapter sa puissance et l'option tarifaire
Un compteur surdimensionné fait payer plus d'abonnement qu'il ne faut. Avec un compteur Linky, le changement de puissance est gratuit et se fait à distance. Passer de 9 kVA à 6 kVA fait économiser environ 25 €/an d'abonnement.
L'option Heures pleines/Heures creuses n'est intéressante que si plus de 35 % de la consommation a lieu pendant les 8 h creuses (typiquement la nuit, ballon d'eau chaude programmé).
Annonce : Service Selectra · Comparatif gratuit et sans engagement · Profil 6 kVA, 5 700 kWh
Quelles perspectives pour la suite de 2026 ?
La révision d'août étant passée, la prochaine échéance officielle est le 1ᵉʳ février 2027. Plusieurs facteurs structurants détermineront alors la trajectoire du tarif réglementé :
- l'évolution du prix spot et des contrats à terme sur EEX, qui pèsent désormais 100 % sur la composante énergie depuis la fin de l'ARENH ;
- la trajectoire de l'accise sur l'électricité, indexée sur l'inflation, qui peut être ajustée chaque 1ᵉʳ février ;
- le coût du mécanisme de capacité, dont l'enchère de juillet 2026 vient seulement d'être intégrée et dont le prix sera réactualisé aux enchères suivantes ;
- le solde du rattrapage TURPE, plafonné à +3 % cette année, dont le reliquat sera étalé sur les révisions annuelles à venir ;
- le déclenchement éventuel du VNU, qui dépend du dépassement des seuils de revenus du parc nucléaire d'EDF (estimation CRE pour 2027 : 60,94 €/MWh moyens, soit déjà sous le premier seuil).
Comparer sa dernière facture annuelle à celle de l'année précédente reste le moyen le plus fiable de mesurer l'évolution réelle de son coût total, abonnement et taxes compris. La CRE publie un communiqué détaillé à chaque révision tarifaire.
Questions fréquentes sur la hausse du prix de l'électricité
Le tarif réglementé augmente de 2,5 % TTC en moyenne. En option Base à 6 kVA, le kWh passe de 0,1940 € à 0,2001 € et l'abonnement annuel de 187,80 € à 190,32 €. Pour une consommation de 4,5 MWh par an, la CRE chiffre l'effet à environ 26 € de plus par an.
La hausse ne vient ni du marché de gros ni d'une taxe nouvelle. Elle est portée par la révision annuelle du TURPE (+3,04 % sur la distribution, +3,34 % sur le transport), qui rattrape les recettes manquantes d'Enedis et de RTE après une consommation 2025 inférieure aux prévisions, et par l'intégration du mécanisme de capacité dans la formule. La baisse de l'accise de 30,85 à 30,62 €/MWh amortit une partie du mouvement.
Oui, au moins en partie. La part acheminement (TURPE) et les taxes sont identiques chez tous les fournisseurs : aucun contrat, même à prix fixe, ne les bloque. Une offre à prix fixe ne protège que la part fourniture, soit environ un tiers de la facture. Les offres indexées sur le tarif réglementé répercutent, elles, la totalité de la hausse.
Au 1ᵉʳ février 2026, oui : le tarif réglementé en option Base (6 kVA) avait baissé de 3,8 %, le kWh TTC passant de 0,2016 € à 0,1940 €. La révision du 1ᵉʳ août a effacé ce recul et un peu plus : sur l'ensemble de l'année, le solde est légèrement haussier, de l'ordre de +1,9 % pour un foyer moyen.
Le kWh TTC en option Base est passé de 0,1740 € à 0,2516 € entre février 2022 et février 2024, soit +44,6 % en deux ans. Trois hausses successives ont été appliquées : +15 % en février 2023, +10 % en août 2023 et +9 % en février 2024.
Au 1ᵉʳ août 2025, la TVA sur l'abonnement est passée du taux réduit (5,5 %) au taux normal (20 %) à la suite d'une réforme fiscale européenne. Concrètement, l'abonnement pour un compteur 6 kVA est passé d'environ 164 € à 185 € par an. Cette hausse a été partiellement compensée par la baisse de l'accise et du TURPE.
Pas automatiquement. Le VNU (Versement Nucléaire Universel) qui remplace l'ARENH le 1ᵉʳ janvier 2026 joue un rôle similaire pour les consommateurs : il atténue l'impact d'une flambée des prix de gros via une minoration directe sur la facture. Tant que les marchés restent modérés, l'effet est neutre. En savoir plus sur la fin de l'ARENH.
Trois leviers : souscrire une offre à prix fixe qui bloque le prix du kWh, choisir une offre de marché moins chère que le TRV via un comparateur d'électricité, ou adapter la puissance de son compteur via Linky. Les économies cumulées peuvent atteindre 200 € par an pour un foyer moyen.
La Commission de régulation de l'énergie (CRE), autorité administrative indépendante, propose la nouvelle grille tarifaire aux ministres de l'Économie et de l'Énergie. La décision est considérée acquise en l'absence d'opposition d'un ministre dans un délai de 3 mois. Les révisions ont lieu au 1ᵉʳ février et au 1ᵉʳ août de chaque année.