Date de fin
31 déc.
2025
Prix ARENH 2025
42
€ / MWh
Plafond annuel
100
TWh / an

Le VNU remplace l'ARENH depuis janvier 2026

En résumé
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, l'ARENH est remplacé par le Versement Nucléaire Universel (VNU). Les fournisseurs s'approvisionnent désormais sur le marché de gros ou via leurs propres actifs de production, et le VNU intervient pour limiter les hausses excessives quand les prix de gros flambent.

Comment fonctionne le VNU ?

Le VNU est un mécanisme de redistribution. Lorsque les revenus tirés du parc nucléaire d'EDF deviennent très élevés en raison de la hausse des prix de marché, une partie de ces revenus est prélevée par l'État et redistribuée à l'ensemble des consommateurs d'électricité, soit sous la forme d'un montant directement déduit de la facture, soit via une réduction du prix du kWh facturé.

Pour évaluer si un tel prélèvement est dû, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publie chaque année des estimations des revenus du parc nucléaire. Pour l'année de livraison 2027, elle estime ainsi que le revenu unitaire moyen du nucléaire pourrait s'établir autour de 60,94 €/MWh, pour une production d'environ 360 TWh, soit près de 21,9 milliards d'euros de revenus annuels.

Les deux seuils de prélèvement progressif

Lorsque les revenus effectivement constatés dépassent les coûts complets du parc nucléaire, un prélèvement s'applique selon deux seuils successifs :

Seuil Taux de prélèvement Mécanisme
Seuil de taxation
Premier palier
50 % Du surplus de revenus au-delà du coût complet
Seuil d'écrêtement
Second palier
90 % Du surplus au-delà du second seuil, plus contraignant

Ces montants prélevés alimentent un fonds public destiné à réduire directement le prix de l'électricité sur la facture des ménages et des petites entreprises.

Concrètement
Le VNU agit en coulisses, comme l'ARENH
Comme l'ARENH, le VNU fonctionne entièrement en arrière-plan. C'est l'État qui décide de la baisse à appliquer pour compenser une éventuelle flambée des prix de gros, et les fournisseurs ajustent automatiquement les factures. Pour le consommateur, cela se traduit par un prix du kWh qui reste stable malgré la volatilité des marchés.

Quel impact sur le prix de l'électricité en 2026 ?

La disparition de l'ARENH n'est pas un facteur automatique de hausse des prix. Ce sont avant tout les conditions du marché de gros qui détermineront l'impact réel sur la facture des consommateurs.

Scénario 1
Si les prix de gros restent modérés

Tant que le marché reste autour de 50 €/MWh, le changement de dispositif a des conséquences limitées pour les particuliers.

  • Pas de prélèvement VNU déclenché
  • Les TRV restent stables
  • Aucun impact significatif sur la facture
Scénario 2
Si les prix de gros flambent

En cas de forte hausse, le VNU se déclenche et atténue partiellement les effets de la hausse pour le consommateur.

  • Prélèvement progressif sur les revenus du nucléaire
  • Redistribution sur les factures
  • Effet amortisseur sur le prix du kWh

Vous pouvez suivre les prix dynamiques de l'électricité en direct pour savoir où en sont les prix de gros actuellement. Ces tarifs sont calculés par Selectra à partir du prix SPOT additionné aux taxes.

Vos factures ont augmenté en 2026 ?
La fin de l'ARENH ne devrait pas avoir d'impact significatif sur le prix de l'électricité. Si votre facture a tout de même augmenté, c'est sans doute parce que votre offre n'est plus adaptée à votre consommation. En mai 2026, l'offre la moins chère du marché (Confort+ de Primeo) permet d'économiser 171 €/an face au tarif réglementé. Comparez gratuitement les offres avec un conseiller Selectra.
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Comment les tarifs réglementés sont-ils calculés sans l'ARENH ?

Les tarifs réglementés de l'électricité (TRV) continuent d'exister, mais leur formule de calcul a profondément changé entre 2025 et 2026.

L'ancienne méthode avec l'ARENH

L'ARENH avait un impact direct sur la facture des ménages, car son prix était intégré dans la formule du tarif réglementé :

TRV = prix ARENH
    + coût du complément d'approvisionnement (marché)
    + garantie de capacité
    + TURPE
    + coûts de commercialisation
    + rémunération de l'activité de fourniture
Empilement des coûts du TRV avec l'ARENH
Empilement des coûts du TRV avant la fin de l'ARENH (source : Legifrance).

La nouvelle méthode avec le VNU

Le TRV est désormais calculé sans l'ARENH, principalement à partir des prix de marché. La minoration VNU vient ensuite réduire le prix facturé :

TRV = prix marché de gros
    + garantie de capacité
    + TURPE
    + coûts de commercialisation
    + rémunération de l'activité de fourniture
    − minoration VNU (si seuils dépassés)

Concrètement, l'État calcule un montant de minoration du prix du MWh, qui est ensuite imposé aux fournisseurs. Cet argent vient des prélèvements sur les revenus excédentaires du parc nucléaire (50 % puis 90 % au-delà des seuils).

Comparaison ARENH versus VNU
Comparaison schématique entre l'ARENH et le VNU.

Retour sur le mécanisme de l'ARENH (2011-2025)

Qu'était l'ARENH ?

L'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique) était un dispositif qui permettait aux fournisseurs alternatifs d'accéder à l'électricité produite par les 56 réacteurs nucléaires d'EDF à un prix régulé. Il a été imaginé en 2009 par la Commission Champsaur, à la suite de la libéralisation du marché de l'énergie en France, pour rééquilibrer un marché où EDF disposait d'un avantage structurel en tant qu'exploitant unique du parc nucléaire historique.

Encadré par la loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l'Électricité) du 7 décembre 2010, l'ARENH est entré en vigueur le 1ᵉʳ juillet 2011 par les articles L 336-1 à L 336-10 du Code de l'énergie, pour une durée de 15 ans. Il imposait à EDF de céder jusqu'à 25 % de sa production nucléaire à des prix définis par arrêté.

Les grandes dates de l'ARENH

2010
Loi NOME
Adoption de la Nouvelle Organisation du Marché de l'Électricité le 7 décembre 2010.
2011
Entrée en vigueur
Premier accès à l'électricité nucléaire au prix de 40 €/MWh dès le 1ᵉʳ juillet 2011.
2012
Prix fixé à 42 €/MWh
Le tarif passe à 42 €/MWh, niveau qui restera la référence pendant 13 ans.
2018
Premier écrêtement
La demande dépasse le plafond pour la première fois : taux d'écrêtement de 17 %.
2022
Hausse temporaire
Loi pouvoir d'achat : taux relevé à 46,5 €/MWh et plafond élevé à 120 TWh pour absorber la crise énergétique.
2025
Dernière année du dispositif
Demande totale de 134,93 TWh, taux d'écrêtement final de 25,88 % au prix de 42 €/MWh.
2026
Place au VNU
Le Versement Nucléaire Universel remplace l'ARENH le 1ᵉʳ janvier 2026.

Le prix ARENH fixé à 42 €/MWh

Le prix de l'ARENH était fixé à 42 €/MWh en 2025, soit le tarif auquel les fournisseurs achetaient l'électricité nucléaire d'EDF. Initialement fixé à 40 €/MWh au 1ᵉʳ juillet 2011, il était passé à 42 €/MWh dès janvier 2012 et n'avait évolué qu'une seule fois ensuite : en 2022, l'Assemblée nationale avait voté une hausse temporaire à 46,5 €/MWh dans le cadre de la loi d'urgence pour le pouvoir d'achat, avant un retour à 42 € dès 2023.

Comment était fixé le prix
Une formule censée refléter les coûts du nucléaire
Selon la loi NOME, le prix devait traduire les conditions économiques de la production d'électricité par les centrales historiques jusqu'en 2025. Quatre composantes étaient prises en compte : la rémunération des capitaux, les coûts d'exploitation, les coûts de maintenance et de prolongation, et les coûts de long terme (gestion des déchets, démantèlement). La CRE proposait le prix aux ministres de l'Économie et de l'Énergie, qui pouvaient s'y opposer dans un délai de 3 mois.

Le plafond de 100 TWh et le mécanisme d'écrêtement

Le plafond de l'ARENH était fixé à 100 TWh par an. Lorsque la quantité totale demandée par l'ensemble des fournisseurs dépassait ce plafond, la CRE appliquait un écrêtement : chaque fournisseur recevait un pourcentage identique de sa demande initiale, afin de ne pas dépasser la limite globale prévue.

L'écrêtement a été appliqué pour la première fois en 2018 et n'a plus jamais cessé jusqu'à la fin du dispositif. Voici l'évolution du taux d'écrêtement année après année :

2017
aucun
2018
17,4 %
2019
24,8 %
2020
32,0 %
2021
32,6 %
2022
25,2 %
2023
32,6 %
2024
23,3 %
2025
25,9 %

Barres : demande totale (TWh) · ligne pointillée : plafond ARENH (100 TWh) · à droite : taux d'écrêtement appliqué.

Exemple concret
L'écrêtement final de 2025
Pour 2025, le plafond ARENH est resté fixé à 100 TWh. La demande totale des fournisseurs a atteint 134,93 TWh, soit 35 % de plus que la capacité disponible. Face à ce dépassement, un taux d'écrêtement de 25,88 % a été appliqué : chaque fournisseur n'a reçu effectivement que 74,12 % du volume qu'il avait initialement demandé.

Les fournisseurs ayant utilisé l'ARENH en 2025

En 2025, dernière année du dispositif, près de 30 fournisseurs alternatifs ont eu recours à l'ARENH (source CRE). Voici les principaux :

Voir les autres fournisseurs ARENH 2025 (19)

Alterna, Elecocité, ENALP, Enercoop, Energies du Santerre, Energies Libres Occitanie, ENI, ES Énergies Strasbourg, Gaz de Bordeaux, GEG, Iberdrola, La Bellenergie, LLUM, Primeo Energie, Proxelia, Sowee, Synelva Selia, Séolis, Sorégies.

Aurian De Maupeou
Avis d'expert
Aurian De Maupeou Expert certifié
Créateur du site 84 articles publiés
La fin de l'ARENH marque un tournant symbolique pour le marché français de l'électricité, mais le passage au VNU change finalement assez peu la donne pour les particuliers. Les deux dispositifs partagent la même logique : faire bénéficier les consommateurs de la rente nucléaire, sans qu'ils n'aient à s'en préoccuper. La différence est surtout politique : le VNU permet à l'État de capter plus largement les revenus excédentaires en période de prix hauts, là où l'ARENH se contentait de garantir un prix régulé d'achat.

Questions fréquentes sur la fin de l'ARENH

L'ARENH avait été créée par la loi NOME du 7 décembre 2010 pour une durée de 15 ans, soit jusqu'au 31 décembre 2025. Sa fin était donc programmée dès l'origine. Elle a coïncidé avec la mise en place du VNU, négocié entre l'État et EDF en 2023, qui permet de continuer à protéger les consommateurs sans contraindre EDF à vendre une partie de sa production à prix fixe.

Pas automatiquement. Tant que les prix de gros restent modérés (autour de 50 €/MWh), l'impact sur la facture des particuliers est limité. En cas de forte hausse, le VNU se déclenche pour atténuer les effets. Le tarif réglementé en option Base est même passé de 0,2016 €/kWh en février 2025 à 0,1940 €/kWh en février 2026, soit une baisse de 3,8 %.

En 2025, près de 30 fournisseurs alternatifs avaient recours à l'ARENH, parmi lesquels Engie, TotalEnergies, ENI, ekWateur ou encore Mint Energie. La liste complète est publiée chaque année par la CRE.

Le prix de l'ARENH était fixé et régulé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Depuis décembre 2013, la CRE transmettait ses propositions de prix aux ministres chargés de l'Économie et de l'Énergie. La décision était considérée acquise en l'absence d'opposition d'un ministre dans un délai de 3 mois après réception de l'avis de la CRE (article L 337-13 du Code de l'énergie).

Le coefficient de bouclage est un paramètre qui entrait dans le calcul des volumes d'ARENH. Il avait pour but d'adapter la puissance consommée pendant les heures ARENH à la production nucléaire de manière à ce que les volumes soient attribués équitablement entre les fournisseurs.

L'ARENH obligeait EDF à vendre jusqu'à 100 TWh d'électricité nucléaire à 42 €/MWh à ses concurrents. Le VNU ne contraint plus EDF à vendre de l'énergie : à la place, l'État prélève 50 % puis 90 % des revenus excédentaires du nucléaire au-delà de seuils définis, et redistribue cet argent sous forme de minoration sur le prix du kWh facturé. Le résultat pour le consommateur est très proche, mais la mécanique est plus moderne et plus simple à piloter pour l'État.