NaTran et Téréga : qui fait quoi sur le territoire
Le transport haute pression du gaz est un monopole régulé par la CRE. Deux entreprises se partagent le territoire selon une logique géographique et historique fixée lors de l'ouverture du marché en 2005 : NaTran (anciennement GRTgaz) opère la quasi-totalité du pays, tandis que Téréga (anciennement TIGF) est l'opérateur historique du quart sud-ouest, hérité des activités gazières de Lacq.
NaTran
Anciennement GRTgaz — rebranding mai 2025
Filiale d'Engie (75 %) et d'un consortium public CDC / CNP (25 %). Opère la majeure partie du territoire, des terminaux GNL Atlantique aux interconnexions Belgique-Allemagne. Renommé NaTran en 2025 pour refléter la diversification gaz vert et hydrogène.
Téréga
Anciennement TIGF — basé à Pau
Filiale du consortium Snam (40,5 %), GIC (31,5 %), EDF Invest (18 %) et autres. Couvre le quart sud-ouest, exploite les interconnexions Espagne (Larrau, Biriatou) et opère deux sites de stockage à Lussagnet et Izaute.
Les deux opérateurs partagent les mêmes obligations de service public, les mêmes règles de tarification (l'ATRT), et le même régulateur — la Commission de régulation de l'énergie. Le consommateur n'a aucun choix d'opérateur de transport : il est automatiquement raccordé via celui qui dessert sa commune.
NaTran (ex-GRTgaz) : profil et stratégie 2030
NaTran est issu de la séparation juridique du service Transport de Gaz de France en janvier 2005, dans le cadre de l'ouverture du marché européen. Devenu GRTgaz en 2008 lors de la fusion GDF-Suez, l'opérateur a été rebrandé NaTran en mai 2025, à l'occasion de ses 20 ans, pour traduire son virage vers les gaz renouvelables et l'hydrogène. Le nom est une contraction de Na (nature) et Tran (transport, transition).
Plan stratégique
NaTran 2030 : 5 engagements de transition
Plus de la moitié des investissements annuels consacrés à la transition énergétique d'ici 2030.
Multiplier par cinq la part de gaz renouvelables (biométhane, hydrogène) acheminée dans le réseau.
Réduction de l'empreinte carbone de l'entreprise (consommation d'énergie de compression, fuites de méthane).
Développement de plus de 1 000 km de réseaux dédiés à l'hydrogène et au CO₂ en Europe.
Renforcement et évolution des compétences pour accompagner la diversification gaz vert / hydrogène.
Société NaTran
- Direction
- Sandrine Meunier (DG)
- Actionnaires
- Engie 75 %, CDC + CNP 25 %
- Effectif
- ~ 3 000 collaborateurs
- Siège social
- 15 avenue de l'Europe, 92270 Bois-Colombes
Réseau NaTran
- Linéaire
- ~ 33 000 km
- Compresseurs
- 26 stations de compression
- Points d'entrée
- 4 terminaux GNL + 6 interconnexions
- Zones de marché
- PEG Nord et PEG Sud
Téréga : profil et rôle dans le sud-ouest
Téréga (anciennement TIGF, pour Total Infrastructures Gaz France) est l'héritier direct des activités gazières de Lacq, lancées dans les années 1950 lors de la découverte du gisement. Repris par Total puis cédé en 2013 à un consortium d'investisseurs italiens et asiatiques, l'opérateur s'est rebrandé Téréga en 2018. Aujourd'hui, il joue un rôle stratégique pour la sécurité d'approvisionnement de la France via les interconnexions avec l'Espagne et les ressources gazières du sud-ouest.
Trois activités complémentaires
Téréga est l'un des rares opérateurs européens à exercer simultanément les trois métiers réseau :
- transport haute pression, sur 5 200 km de canalisations dans le quart sud-ouest, avec deux interconnexions stratégiques vers l'Espagne (Larrau et Biriatou) ;
- stockage souterrain, à Lussagnet et Izaute, deux sites aquifères qui représentent environ 25 % des capacités françaises ;
- terminaux d'injection biométhane et raccordement de producteurs locaux, particulièrement développé dans une région où l'agriculture nourrit l'injection.
Société Téréga
- Direction
- Dominique Mockly (PDG)
- Actionnaires
- Snam 40,5 %, GIC 31,5 %, EDF Invest 18 %
- Effectif
- ~ 700 collaborateurs
- Siège social
- 40 avenue de l'Europe, 64000 Pau
Réseau Téréga
- Linéaire
- ~ 5 200 km
- Stockage
- 2 sites (Lussagnet, Izaute)
- Interconnexions
- Espagne (Larrau, Biriatou)
- Zone de marché
- PEG TIGF
Le réseau de transport gaz en chiffres clés
Le réseau de transport est constitué de gros gazoducs haute pression qui acheminent la molécule depuis les points d'entrée du système (terminaux GNL, interconnexions internationales) jusqu'aux postes de livraison alimentant les réseaux de distribution régionaux. À ne pas confondre avec le réseau de distribution opéré par GRDF, qui apporte le gaz du poste de livraison à votre compteur.
Linéaire total
~ 38 000 km
de gazoducs haute pression sur l'ensemble du territoire français
Diamètre
80 à 1 200 mm
selon que la canalisation est régionale ou principale
Pression
20 à 100 bar
vs ~ 4 bar maximum sur le réseau de distribution GRDF
Points d'entrée
~ 14
terminaux GNL et interconnexions internationales (Espagne, Belgique, Allemagne)
Le réseau de transport (NaTran et Téréga) achemine de gros volumes de gaz à haute pression entre régions. Le réseau de distribution (GRDF sur 95 % du territoire et les ELDs sur 5 %) prend ensuite le relais pour amener le gaz, à basse pression, du poste de livraison régional jusqu'au compteur de votre logement.
Les 3 zones d'équilibrage (PEG)
Pour échanger du gaz à grande échelle, les opérateurs et fournisseurs ont besoin de points de marché où le prix se forme et où l'équilibre offre / demande est ajusté quotidiennement. Ces points sont appelés Points d'Échange de Gaz (PEG). La France compte trois PEG, opérés par les deux gestionnaires de transport.
Zone Nord
Opéré par NaTran
Couvre le Bassin parisien, les Hauts-de-France et le Grand-Est. Alimenté principalement par les interconnexions belges et allemandes et par le terminal GNL de Dunkerque. Zone la plus liquide en termes d'échanges.
Zone Sud
Opéré par NaTran
Couvre Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Occitanie hors sud-ouest. Alimenté par les terminaux GNL de Fos-sur-Mer et par la fusion historique du PEG Centre en 2018.
Zone Sud-Ouest
Opéré par Téréga
Couvre Nouvelle-Aquitaine et une partie de l'Occitanie. Alimenté par les interconnexions espagnoles (Larrau, Biriatou) et par les sites de stockage de Lussagnet et Izaute.
Note : le PEG France unique a été étudié plusieurs fois mais la fusion PEG Nord + Sud + TIGF reste pour l'instant repoussée au-delà de 2027 par la CRE.
Comment NaTran et Téréga sont rémunérés
Les deux opérateurs ne facturent pas directement le consommateur final. Leur rémunération transite par les fournisseurs de gaz, sous forme du tarif ATRT (Accès des Tiers aux Réseaux de Transport), fixé chaque année par la CRE. C'est ce tarif qui couvre l'exploitation du réseau, sa maintenance, son extension, et la rémunération du capital investi.
L'ATRT évolue chaque 1er avril selon une formule réglementaire Z = IPC + k, qui combine l'inflation observée et un coefficient pluriannuel négocié dans le cadre de la trajectoire ATRT8 (2024-2027). En avril 2026, cette formule donne une hausse de +3,41 % sur les trois réseaux régulés. Le poids de l'ATRT dans la facture finale d'un foyer chauffé au gaz reste limité, autour de 5 à 8 %.
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Questions fréquentes sur NaTran et Téréga
Aucune sur le plan opérationnel. NaTran est simplement le nouveau nom de GRTgaz adopté en mai 2025, à l'occasion de ses 20 ans. Le rebranding traduit la volonté de l'entreprise de se positionner comme un opérateur multi-énergies (gaz naturel, biométhane, hydrogène, CO₂) plutôt qu'un transporteur de gaz fossile uniquement.
Pour des raisons historiques. Téréga, anciennement TIGF, est issu des activités gazières de Lacq lancées dans les années 1950 et est resté indépendant lors de la nationalisation. NaTran est issu de la séparation juridique de Gaz de France en 2005, lors de l'ouverture du marché européen.
NaTran est détenue à 75 % par Engie (ex-GDF Suez) et à 25 % par un consortium public composé de la Caisse des dépôts, CNP Assurances et CDC Infrastructure. Téréga est détenue par le consortium Snam (40,5 %), GIC (31,5 %), EDF Invest (18 %) et autres investisseurs minoritaires.
Si votre commune se situe dans le quart sud-ouest (Nouvelle-Aquitaine et une partie de l'Occitanie), elle est probablement raccordée à Téréga. Sur le reste du territoire, c'est NaTran. À noter : ce choix n'a aucun impact sur le prix payé ni sur les démarches administratives, qui passent toutes par votre fournisseur d'énergie.
Aucun direct. Les opérateurs sont rémunérés via l'ATRT, un tarif réglementé fixé par la CRE et collecté par les fournisseurs de gaz. Cette composante représente entre 5 et 8 % de la facture annuelle d'un foyer chauffé au gaz, selon la zone tarifaire (NTR de 0 à 10).
Non. La coupure et le rétablissement du gaz au compteur final sont du ressort du distributeur (GRDF dans 95 % des cas, ELD pour les communes desservies par une régie locale), pas du transporteur. NaTran et Téréga gèrent uniquement les artères haute pression entre régions, jamais les compteurs des particuliers.