93%
Production électrique d'origine bas-carbone (nucléaire + EnR)
Source : RTE · Juin 2026
28% EnR
Part des énergies renouvelables (hydro, éolien, solaire, biomasse)
Source : RTE · Juin 2026
56réacteurs
Parc nucléaire français en exploitation, géré par EDF
Source : ASN · Juin 2026

Le mix énergétique français en 2026

L'électricité consommée en France provient d'un mix de sources de production qui se complètent au fil de la journée selon les variations de la demande et des conditions météorologiques. La structure ci-dessous reflète la répartition annuelle moyenne, sachant qu'à un instant donné les proportions peuvent varier fortement : la production solaire culmine en milieu de journée d'été, l'éolien tourne surtout par grand vent, et le nucléaire couvre la base à un niveau quasi constant.

Nucléaire 65 %
56 réacteurs en exploitation, principal pilier du mix français.
Hydraulique 12 %
Premier renouvelable français, barrages et stations de transfert.
Éolien 9 %
Onshore et offshore en croissance constante depuis 2010.
Gaz fossile 5 %
Centrales à cycle combiné, complément modulable du nucléaire.
Solaire 5 %
Photovoltaïque résidentiel et grandes fermes solaires.
Biomasse 2 %
Combustion de matières organiques (bois, déchets agricoles).
Charbon, fioul 2 %
Centrales d'appoint utilisées en pointe hivernale, en sortie progressive.

Répartition annuelle moyenne, source RTE bilan électrique. Les pourcentages peuvent varier de quelques points selon les années (météo, disponibilité du parc nucléaire, prix du gaz). Les énergies bas-carbone (nucléaire + EnR) cumulent 93 % du total, ce qui place la France parmi les pays européens les moins carbonés sur l'électricité.

La production nucléaire en France

Le parc nucléaire français est composé de 56 réacteurs en exploitation, répartis sur 18 centrales gérées par EDF. Cette flotte fournit environ 65 % de l'électricité produite en France, ce qui en fait le principal pilier du mix énergétique national. La production nucléaire est bas-carbone (faibles émissions de CO₂ sur le cycle de vie complet) et reste pilotable, contrairement aux énergies renouvelables intermittentes — ce qui en fait une base stable du système électrique.

La France a engagé un programme de prolongation de la durée de vie de ses réacteurs au-delà de 40 ans (visant 60 ans pour la majorité d'entre eux), assorti d'un grand carénage technique pour renforcer la sûreté. En parallèle, six réacteurs EPR2 de nouvelle génération sont en cours de développement pour une mise en service échelonnée à partir de 2035. La Cour des comptes estime le coût complet du nucléaire historique à environ 60 €/MWh en 2024.

Le rôle de l'ARENH
L'ARENH (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique) est un dispositif réglementaire qui oblige EDF à vendre une part de sa production nucléaire à ses concurrents à un prix régulé, pour favoriser la concurrence sur le marché de détail. Ce mécanisme prend fin au 31 décembre 2025 et est remplacé par un nouveau cadre prévu par la Loi NOME 2.

L'électricité produite par les énergies renouvelables

Les énergies renouvelables représentent 28 % du mix électrique français en 2026, en croissance régulière depuis 2010. Elles regroupent quatre filières principales avec des dynamiques très différentes : l'hydraulique (mature et leader), l'éolien (en expansion), le solaire (en accélération) et la biomasse (stable). Les objectifs de la PPE (Programmation Pluriannuelle de l'Énergie) visent 40 % d'EnR à horizon 2030.

Hydroélectricité

12 % du mix · 1ʳᵉ EnR française

Première source renouvelable du pays, exploitée via des barrages, des stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) et des centrales au fil de l'eau. La France dispose d'un parc historique mature, exploité principalement par EDF et SHEM.

Éolien

9 % du mix · forte croissance

Le parc éolien terrestre approche les 22 GW installés, complété par les premiers parcs offshore de Saint-Nazaire, Fécamp et Saint-Brieuc. La PPE prévoit jusqu'à 40 GW d'éolien total à horizon 2035.

Solaire photovoltaïque

5 % du mix · accélération récente

Près de 20 GW installés, dont une part croissante en autoconsommation résidentielle. La production atteint son pic en milieu de journée d'été, contribuant à la baisse des prix de gros sur ces périodes.

Biomasse

2 % du mix · pilotable

Combustion contrôlée de matières organiques (bois énergie, déchets agricoles, biogaz). Filière modeste mais pilotable, qui complète les renouvelables intermittentes.

Les énergies fossiles encore utilisées en France

Les énergies fossiles ne représentent plus que 7 % du mix électrique français en 2026, contre près de 10 % il y a vingt ans. Cette part résiduelle est portée principalement par les centrales à cycle combiné gaz (CCG), qui servent de complément modulable au nucléaire pour absorber les pics de demande hivernaux ou compenser la moindre disponibilité d'autres sources.

Le charbon est en quasi-extinction : la dernière grande centrale, Cordemais, doit être convertie à la biomasse, et la centrale de Saint-Avold a été fermée définitivement en 2025. Le fioul reste réservé à des appoints très ponctuels en cas de tension extrême sur le réseau. Cette stratégie de sortie progressive des fossiles vise à ramener leur part sous les 1 % à horizon 2035.

Le rôle des centrales fossiles
Les centrales à gaz et charbon ne fonctionnent pas en continu : elles servent de capacités d'équilibrage du réseau, démarrées uniquement quand la demande dépasse l'offre disponible. Leur taux d'utilisation reste très bas (souvent moins de 20 % du temps), ce qui explique pourquoi elles pèsent peu dans le bilan annuel malgré leur capacité installée significative.

La France est-elle importatrice ou exportatrice d'électricité ?

Historiquement, la France est structurellement exportatrice d'électricité, grâce à son important parc nucléaire qui produit au-delà de la demande intérieure une partie de l'année. Le solde exportateur net dépasse régulièrement 50 TWh par an, ce qui fait de la France l'un des principaux exportateurs européens. Ces flux transitent vers la Belgique, la Suisse, l'Italie, l'Espagne et le Royaume-Uni via des interconnexions à haute tension gérées par RTE.

La crise énergétique de 2022 a temporairement inversé la balance : avec un parc nucléaire dégradé (corrosion sous contrainte sur plusieurs réacteurs), la France a été importatrice nette pour la première fois depuis 1980. Depuis 2024, la situation s'est largement normalisée et le solde est redevenu nettement exportateur, signe d'un parc nucléaire à nouveau opérationnel et d'une production renouvelable dynamique.

Questions fréquentes sur l'origine de l'électricité

EDF reste le principal producteur, à la fois sur le nucléaire et l'hydraulique. Une trentaine d'autres acteurs interviennent sur les énergies renouvelables (Enercoop, Engie, TotalEnergies, Iberdrola, EDPR, etc.) et sur les centrales à gaz. La distribution est ensuite assurée par Enedis (95 % du territoire) et les ELD locales.
Les principales interconnexions de la France sont avec l'Allemagne (qui exporte beaucoup d'électricité éolienne et solaire), la Belgique, la Suisse, l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni. Les flux varient au jour le jour selon les prix de gros et la disponibilité des centrales — le marché européen fonctionne comme un système couplé qui répartit automatiquement la production la moins chère.
L'électricité produite est injectée sur le réseau de transport haute tension géré par RTE, puis transformée en moyenne et basse tension par les sous-stations Enedis. Elle arrive enfin chez vous via le réseau local de distribution Enedis, et passe par votre compteur Linky avant d'entrer dans votre tableau électrique.
Une énergie est dite bas-carbone quand sa production émet peu de CO₂ — c'est le cas du nucléaire et des renouvelables. Une énergie est dite renouvelable quand elle s'appuie sur une ressource naturelle qui se régénère plus vite que l'humanité ne la consomme (vent, soleil, eau, biomasse). Le nucléaire est donc bas-carbone mais pas renouvelable : l'uranium est une ressource finie.
Pour une offre verte standard (avec Garanties d'Origine), l'électricité physiquement consommée vient toujours du mix national (donc du nucléaire à environ 65 %). Les Garanties d'Origine certifient seulement qu'une quantité équivalente d'électricité renouvelable a été injectée ailleurs sur le réseau. Pour VertVolt, le critère est plus strict : achat conjoint d'énergie et de Garanties auprès du même producteur renouvelable français.
Oui, très nettement. Avec environ 50 g CO₂/kWh en moyenne, la France affiche l'une des intensités carbone les plus basses d'Europe. C'est 5 fois moins que l'Allemagne (≈ 350 g) et 8 fois moins que la Pologne (≈ 700 g) qui restent dépendantes du charbon. Cet écart se retrouve dans le bilan carbone des produits électrifiés (chauffage, voiture électrique).