Classement européen du prix du gaz pour les particuliers
Voici les 10 pays européens classés du moins cher au plus cher pour le prix du kWh de gaz TTC à destination des ménages, sur la base des dernières données GlobalPetrolPrices. La France apparaît en surbrillance avec son prix repère live, tiré directement de l'API CRE — les autres prix sont mis à jour deux fois par an par GlobalPetrolPrices.
Prix en €/kWh TTC, ménages. Source : GlobalPetrolPrices (relevé semestriel) + prix repère CRE pour la France. Le prix russe traduit les subventions massives de l'État sur le gaz domestique.
Le top et le flop mondial du prix du gaz
À l'échelle mondiale, l'écart entre les pays atteint un facteur 200. Les pays producteurs subventionnent leur gaz domestique pour soutenir le pouvoir d'achat : c'est le cas de l'Iran et de la Russie. À l'opposé, les pays sans gisement national et fortement taxés payent leur gaz au prix du marché européen, voire au-delà.
- 1. IR Iran 0,0010 €
- 2. RU Russie 0,0070 €
- 3. BD Bangladesh 0,0130 €
- 4. CA Canada 0,0330 €
- 5. US États-Unis 0,0380 €
- 14. IT Italie 0,1330 €
- 15. HK Hong Kong 0,1370 €
- 16. BR Brésil 0,1690 €
- 17. CH Suisse 0,1710 €
- 18. SE Suède 0,1990 €
Le contraste est saisissant. En Iran, le gaz est quasi gratuit (0,001 €/kWh) grâce à des subventions massives financées par les recettes pétrolières. En Russie aussi, l'État maintient un tarif domestique très bas (0,007 €/kWh), bien en dessous du prix de gros export. À l'opposé, la Suède applique des tarifs très élevés (0,199 €/kWh) car le gaz n'y est qu'un vecteur marginal — la fiscalité environnementale y est forte, et le réseau gazier limité — ce qui rend le service coûteux à amortir sur peu d'usagers.
Prix du gaz par pays : particuliers vs entreprises
Au-delà des tarifs particuliers, voici les prix appliqués aux entreprises dans les principaux pays. La logique d'écart varie : dans certains pays (Suisse, Allemagne, Italie), les entreprises paient moins cher grâce aux remises sur volumes ; dans d'autres (Royaume-Uni, Japon), c'est l'inverse, du fait d'une fiscalité spécifique aux gros consommateurs.
| Pays | Particuliers | Entreprises |
|---|---|---|
|
DE
Allemagne
|
0,1010 € | 0,0850 € |
|
BD
Bangladesh
|
0,0130 € | 0,0220 € |
|
BR
Brésil
|
0,1690 € | 0,0860 € |
|
CA
Canada
|
0,0330 € | 0,0210 € |
|
ES
Espagne
|
0,0920 € | 0,0710 € |
|
FR
France
|
0,1256 € | — |
|
HK
Hong Kong
|
0,1370 € | 0,1350 € |
|
IR
Iran
|
0,0010 € | 0,0000 € |
|
IT
Italie
|
0,1330 € | 0,1050 € |
|
JP
Japon
|
0,0780 € | 0,0790 € |
|
MX
Mexique
|
0,0420 € | 0,0130 € |
|
NL
Pays-Bas
|
0,1040 € | 0,1020 € |
|
PT
Portugal
|
0,1130 € | 0,0890 € |
|
UK
Royaume-Uni
|
0,0770 € | 0,0840 € |
|
RU
Russie
|
0,0070 € | 0,0080 € |
|
CH
Suisse
|
0,1710 € | 0,1480 € |
|
SE
Suède
|
0,1990 € | — |
|
US
États-Unis
|
0,0380 € | 0,0350 € |
Source : GlobalPetrolPrices, dernière collecte ; prix repère CRE pour la France.
Au-delà du prix consommateur : le marché de gros européen
Pour comprendre les prix domestiques affichés ci-dessus, il faut regarder le marché de gros européen. Le PEG (Point d'Échange de Gaz, France) et le TTF (Title Transfer Facility, Pays-Bas) sont les deux références continentales. Quand le PEG monte, tous les fournisseurs européens en subissent l'effet, soit immédiatement (offres indexées), soit à terme (offres fixes à l'échéance).
Cette dépendance au marché européen explique pourquoi les pays exportateurs (Russie, Pays-Bas autrefois) payent leur gaz beaucoup moins cher que les pays importateurs (Allemagne, Italie). Une partie de leur production est subventionnée pour le marché domestique, le surplus est exporté au prix mondial.
Pourquoi de tels écarts entre les pays ?
Quatre facteurs principaux expliquent ces écarts de prix entre pays. Aucun pays n'est dans une situation comparable, et la même unité (€/kWh) cache des réalités très différentes selon le mix énergétique national, la fiscalité, et la politique publique.
- la production locale : les pays producteurs (Russie, Iran, États-Unis) bénéficient de coûts d'extraction très bas et subventionnent souvent leur marché domestique ;
- la fiscalité énergétique : la France ajoute environ 25-30 % de taxes au prix du kWh (TICGN + CTA + TVA), un niveau intermédiaire en Europe — la Suède dépasse 50 % ;
- l'infrastructure de transport et stockage : les pays sans réseau dense (Suède, Suisse) répartissent leurs coûts fixes sur peu d'usagers, ce qui pousse le tarif unitaire vers le haut ;
- la régulation tarifaire : certains pays (Russie, Iran, Mexique) maintiennent des tarifs administrés bien en deçà du coût réel, au prix d'un déficit budgétaire compensé par d'autres recettes.
En France, la fin du tarif réglementé du gaz en 2023 a libéralisé les prix mais maintenu un prix repère publié chaque mois par la CRE, qui sert de référence non contraignante pour l'ensemble du marché. C'est lui qui apparaît à 0,1256 €/kWh dans le classement Europe ci-dessus.
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Questions fréquentes sur le prix du gaz dans le monde
L'Iran est le pays où le gaz est le moins cher au monde, à 0,001 €/kWh pour les particuliers — soit 200 fois moins qu'en Suède. Le tarif est administré par l'État iranien et fortement subventionné, ce qui ne reflète pas le coût réel de production. La Russie arrive juste derrière à 0,007 €/kWh, avec une logique de subvention similaire.
La Suède affiche le tarif le plus élevé d'Europe à 0,199 €/kWh pour les particuliers. Trois raisons s'additionnent : une fiscalité environnementale très forte (taxe carbone élevée pour décourager les fossiles), un réseau gazier peu développé qui répartit ses coûts fixes sur peu d'usagers, et un mix de chauffage dominé par l'électricité verte qui rend le gaz résiduel — donc cher.
La France se classe 7e/10 en Europe avec un prix repère gaz live à 0,1256 €/kWh. C'est plus cher que l'Espagne (0,092 €/kWh), l'Allemagne (0,101 €/kWh) et le Royaume-Uni (0,077 €/kWh), mais moins cher que l'Italie (0,133 €/kWh), la Suisse (0,171 €/kWh) ou la Suède.
Dans la plupart des pays, les entreprises bénéficient de remises sur volume liées à leurs consommations importantes. La fiscalité aussi est différente — la TVA notamment n'est pas facturée aux entreprises, qui la récupèrent. Dans certains pays (Royaume-Uni, Japon), l'écart est inversé en raison d'une fiscalité environnementale plus lourde sur les gros consommateurs industriels.
À long terme, oui en Europe : l'intégration du marché européen via les hubs comme le PEG et le TTF tend à harmoniser les prix de gros entre pays connectés. À court terme, les écarts persistent à cause de la fiscalité (très différente d'un pays à l'autre), des coûts d'acheminement régulés (ATRD/ATRT en France, équivalents ailleurs) et des subventions étatiques. Hors Europe, l'écart restera durable.
Si vous ne pouvez pas changer le prix repère ni les taxes, vous pouvez en revanche choisir une offre indexée avec réduction garantie (typiquement -10 à -15 % sur le PRG) ou une offre à prix fixe bloquée pour 1 à 3 ans. Comparer les offres est le levier le plus efficace : les écarts entre fournisseurs atteignent 15 % sur le prix du kWh, soit potentiellement plusieurs centaines d'euros d'économies par an.