Qu'est-ce qu'un sous-compteur électrique ?
Le sous-compteur électrique, ou compteur divisionnaire, est un appareil de mesure installé en aval du compteur principal Enedis. Il s'intercale sur un circuit secondaire pour enregistrer la consommation d'une partie précise du logement (un étage, une pièce, un équipement) sans interférer avec le reste de l'installation. Comme tout compteur électrique, il affiche les kWh consommés et, selon le modèle, la puissance instantanée ou la distinction heures pleines / heures creuses.
Il n'existe pas de sous-compteur communicant de type Linky. Toutefois, un compteur divisionnaire est pleinement compatible avec un compteur Linky et leur association permet d'obtenir des données de consommation très précises sur les postes les plus énergivores du logement.
Le compteur Enedis (Linky ou classique) appartient au réseau public et mesure la totalité de votre consommation pour la facturation. Le sous-compteur divisionnaire est un équipement privé, installé et financé par le particulier. Il ne sert qu'à la surveillance interne et n'a aucune valeur contractuelle vis-à-vis du fournisseur d'énergie. Enedis ne gère pas et ne garantit pas les données qu'il produit.
Pourquoi installer un sous-compteur ?
Plusieurs situations rendent l'installation d'un sous-compteur électrique particulièrement utile. En voici les principales :
Les types de sous-compteurs électriques
Deux grandes distinctions s'appliquent au moment de choisir un sous-compteur : le nombre de phases (monophasé ou triphasé) et le mode d'affichage (analogique ou numérique). Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques de chaque type.
| Type | Caractéristiques | Usage recommandé | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Monophasé numérique | 2 câbles (phase + neutre) ; écran LCD ; 32 à 63 A ; parfois distinction HP/HC | Logements individuels, circuits domestiques courants | 25 à 60 € |
| Monophasé analogique | Affichage mécanique à tambours ; robuste ; moins précis | Usage extérieur ou environnements difficiles | 20 à 40 € |
| Triphasé numérique | 4 câbles (3 phases + neutre) ; mesure chaque phase séparément ; 63 A et plus | Immeubles, locaux professionnels, installations à forte puissance | 60 à 150 € |
| Triphasé analogique | Affichage mécanique ; plus résistant aux perturbations électroniques | Sites industriels ou ateliers avec vibrations | 50 à 100 € |
Monophasé ou triphasé : comment choisir ?
Le sous-compteur monophasé est adapté à la très grande majorité des logements particuliers. Il ne comporte que deux fils de raccordement (phase et neutre) et supporte des intensités de 32 à 63 ampères, suffisantes pour les usages résidentiels standards.
Le sous-compteur triphasé est réservé aux installations disposant d'une alimentation triphasée, typiquement les immeubles collectifs, les locaux commerciaux ou les maisons équipées d'une installation triphasée. Il permet d'affecter une phase par étage ou par logement dans un bâtiment, évitant ainsi les risques de disjonction en cas de forte consommation simultanée.
Le code IP : indice de protection à vérifier
Si le sous-compteur doit être installé dans un local humide, en extérieur ou dans un garage, vérifiez son indice de protection (IP). Le premier chiffre indique la résistance aux corps solides, le second la résistance à l'eau. Pour une installation intérieure standard, IP40 suffit. Pour un local humide ou semi-extérieur, visez au minimum IP55.
Comment installer un sous-compteur électrique ?
L'installation d'un sous-compteur divisionnaire se raccorde au tableau électrique existant. Bien que la loi n'impose pas le recours à un professionnel pour un équipement privé, faire appel à un électricien qualifié est fortement recommandé pour des raisons de sécurité et pour obtenir une attestation Consuel sans difficulté.
Toute intervention sur le tableau électrique principal (ajout d'un disjoncteur divisionnaire, raccordement de câbles) doit être réalisée hors tension et de préférence par un électricien certifié. Une mauvaise installation peut provoquer un incendie ou une électrocution, engager la responsabilité civile du propriétaire, et invalider l'assurance habitation en cas de sinistre.
Étapes d'installation pas à pas
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01
Couper l'alimentation générale
Basculer le disjoncteur de branchement principal en position ouverte pour supprimer toute tension dans l'installation. Vérifier l'absence de tension avec un testeur avant toute manipulation.
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02
Choisir l'emplacement du sous-compteur
Privilégier un endroit à l'abri de l'humidité, en hauteur pour la sécurité, visible et accessible. Pour une installation en copropriété ou en location, s'assurer que l'emplacement est lisible par le propriétaire ou le syndic.
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03
Installer un disjoncteur divisionnaire en amont
Ajouter un disjoncteur divisionnaire au tableau pour protéger le circuit alimentant le sous-compteur. Choisir une valeur d'intensité adaptée au circuit concerné (16, 20 ou 32 A).
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04
Raccorder le sous-compteur
Relier la phase et le neutre de l'alimentation aux bornes d'entrée du sous-compteur, puis les bornes de sortie vers le circuit à mesurer. Pour un modèle monophasé : 2 fils (phase + neutre) à l'entrée et 2 fils à la sortie.
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05
Tester l'installation
Rétablir l'alimentation et brancher un appareil connu sur le circuit mesuré. L'écran du sous-compteur doit afficher une consommation cohérente. Vérifier également que le reste de l'installation fonctionne normalement.
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06
Obtenir l'attestation Consuel
Toute modification du système électrique (y compris l'ajout d'un sous-compteur) nécessite une attestation Consuel pour la mise en service. Cette démarche est à effectuer même si aucun nouveau contrat n'est souscrit.
Quel est le prix d'un sous-compteur électrique ?
Le coût total comprend l'achat de l'appareil et, le cas échéant, la main-d'oeuvre d'un électricien. Les prix varient selon le type (monophasé ou triphasé), les fonctionnalités (distinction HP/HC, connectivité) et la marque (Legrand, Schneider Electric, Finder, etc.).
| Poste de dépense | Fourchette de prix TTC | Détail |
|---|---|---|
| Sous-compteur monophasé numérique | 25 à 60 € | Marques courantes (Legrand, Schneider, Hager) |
| Sous-compteur triphasé numérique | 60 à 150 € | Modèles avec mesure par phase |
| Pose par un électricien | 100 à 200 € | Main-d'oeuvre incluant raccordement au tableau |
| Attestation Consuel | ~146 € | Tarif 2024 pour une installation individuelle |
| Budget total indicatif | 200 à 500 € | Installation complète avec professionnel et Consuel |
Aspects légaux du sous-compteur électrique
L'installation d'un sous-compteur électrique est légalement autorisée en France. Il n'existe pas de texte interdisant à un particulier de mesurer sa propre consommation sur une partie de son logement. Toutefois, certaines règles encadrent son utilisation en location et en copropriété.
En location : droits et limites du bailleur
Un propriétaire peut légalement installer un sous-compteur divisionnaire dans un logement mis en location pour mesurer et répartir les charges liées à la consommation d'électricité de ses locataires. Cette information peut être utilisée pour calculer les provisions sur charges ou les régularisations annuelles.
En revanche, il est formellement interdit de refacturer l'électricité aux locataires sur la base des relevés du sous-compteur. La revente d'électricité par un particulier est assimilée à une fraude et expose le propriétaire à une coupure du raccordement au réseau par Enedis et à des poursuites judiciaires. Seul un fournisseur d'énergie titulaire d'une autorisation peut revendre de l'électricité.
Pour que chaque locataire paye directement sa propre consommation, la seule solution légale est l'installation d'un compteur individuel Enedis au nom de chaque locataire, avec souscription d'un contrat d'énergie en leur nom propre.
En copropriété
En copropriété, l'installation d'un sous-compteur peut s'avérer très utile pour différencier les consommations des parties communes et des parties privatives. Elle facilite le calcul des charges et évite les litiges entre copropriétaires ou entre le syndic et les résidents.
Toute installation électrique dans les parties communes d'une copropriété relève d'une décision collective et nécessite l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Agir sans autorisation peut engager la responsabilité du demandeur et imposer la dépose des équipements à ses frais. Pour une installation dans les parties privatives uniquement, aucune autorisation collective n'est requise.
Questions fréquentes sur le sous-compteur électrique
Non. Le sous-compteur électrique est un équipement de mesure privé, raccordé en aval du compteur Enedis existant. Il ne génère pas de nouveau point de livraison (PDL) et ne requiert donc pas la souscription d'un nouveau contrat d'énergie. Un seul abonnement continue de couvrir l'ensemble de la consommation du logement.
Oui, un compteur divisionnaire fonctionne parfaitement en parallèle d'un compteur Linky. Les deux appareils sont indépendants : le Linky mesure la totalité de la consommation pour la facturation, tandis que le sous-compteur mesure uniquement le circuit auquel il est raccordé. Cette combinaison permet un suivi très détaillé de certains postes de consommation.
La procédure est similaire à un relevé de compteur classique. Sur la plupart des modèles numériques, appuyez sur le bouton dédié (souvent étiqueté "S" ou "+") pour afficher l'index de consommation en kWh. Pour les modèles avec option Heures Creuses, un second appui affiche l'index HP, puis HC. Relevez et comparez avec la valeur précédente pour calculer la consommation sur la période.
Sur le plan strictement légal, rien n'interdit au propriétaire d'installer un équipement de mesure dans les parties de l'immeuble lui appartenant. Toutefois, par souci de transparence et pour éviter tout litige, il est recommandé d'en informer les locataires, notamment si les données servent à calculer les charges. Rappelons qu'il est interdit de refacturer l'électricité directement sur la base des relevés du sous-compteur.
Oui. L'ajout d'un sous-compteur constitue une modification de l'installation électrique et nécessite une attestation Consuel pour la mise en service. Ce document certifie la conformité aux normes électriques en vigueur. Il peut être obtenu par un électricien professionnel ou, dans certains cas, par le particulier lui-même. Le coût est d'environ 146 € pour un logement individuel.
Un sous-compteur électrique de qualité a une durée de vie de 15 à 20 ans en conditions normales d'utilisation. Les modèles analogiques sont en général plus robustes sur le long terme, mais moins précis que les modèles numériques. Il est recommandé de vérifier périodiquement l'affichage et de faire contrôler l'appareil par un électricien si les relevés semblent incohérents.