Depuis 2022, l'installation de nouvelles chaudières fioul est interdite, ainsi que le remplacement des systèmes actuels. Pour favoriser la transition énergétique et aider les foyers dans le remplacement de leur chaudière par un système plus performant et "propre", plusieurs dispositifs d'aide sont proposés par l'État. Quelles aides sont disponibles en 2026 ? Quels en sont les montants et critères d'éligibilité ? Voici l'essentiel à savoir pour remplacer son ancienne chaudière à moindre coût.
MaPrimeRenov' : une aide qui évolue en 2026
Instaurée en 2020, MaPrimeRénov' est une aide accordée selon le niveau de revenus du foyer, ainsi que du gain énergétique apporté par les travaux de rénovation. Le dispositif remplace le crédit d'impôts pour la transition énergétique (CITE) et l'aide Habiter Mieux Agilité de l'Anah.
À cause des nombreuses difficultés au niveau des démarches pour obtenir l'aide, l'assistance travaux Mon Accompagnateur Rénov' devient obligatoire dès 2023 en fonction du montant des travaux.
Pour bénéficier de MaPrimeRenov, il faut remplir certains critères d'éligibilité :
- Ne pas dépasser les revenus fiscaux de référence, indiqués dans les tableaux suivants ;
- Être propriétaire d'un logement d'une ancienneté supérieure à 2 ans ;
- Ce logement doit être la résidence principale du consommateur ;
- L'artisan qui s'occupera des travaux doit être certifié RGE ;
- Ne pas oublier de faire la demande avant le début des travaux.
Dans le cas d'un remplacement de chaudière, le montant de l'aide dépend non seulement des revenus du foyer, mais surtout de l'équipement qui sera installé à la place de l'ancien dispositif de chauffage.
Bon à savoir : en 2023, les foyers aux revenus considérés comme supérieurs ne sont pas éligibles à MaPrimeRénov' dans le cadre de travaux réalisés de façon individuelle.
Montant de MaPrimeRénov' en fonction des travaux réalisés - 2026 | | Équipements éligibles | Revenus très modestes | Revenus modestes | Revenus intermédiaires | Revenus supérieurs |
|---|
| Pompe à chaleur air/eau | 1 200 € | 800 € | 400 € | Non éligible |
| Pompe à chaleur eau/eau ou solarothermique | 10 000 € | 8 000 € | 4 000 € |
| Poêle à bûches | 2 500 € | 2 000 € | 1 000 € |
| Poêle à granulés | 2 500 € | 2 000 € | 1 500 € |
Chaudière bois Alimentation manuelle | 8 000 € | 6 500 € | 3 000 € |
Chaudière bois Alimentation automatique | 10 000 € | 8 000 € | 4 000 € |
Foyer fermé et insert bûches ou granulés | 2 500 € | 1 500 € | 800 € |
Le montant de l'aide dépend des revenus de référence du foyer, ainsi que sa localisation, en Île-de-France ou province.
Fin du CITE. Après une reconduction jusqu'en décembre 2020 pour les ménages à revenus intermédiaires, le crédit d'impôts pour la transition énergétique a définitivement disparu le 1ᵉʳ janvier 2021, pour être remplacé par MaPrimeRénov'.
Le dispositif prime Coup de Pouce
Les primes Coup de Pouce permettent de financer certains travaux de rénovation énergétique. Les ménages aux revenus très modestes et modestes bénéficient quant à eux d'une bonification de l'aide.
Cette aide permet de remplacer son ancienne chaudière fonctionnant au fioul, gaz ou charbon par un équipement fonctionnant avec des énergies renouvelables telles que :
- Les chaudières biomasse ;
- Les pompes à chaleur air/eau ;
- Les pompes à chaleur eau/eau ;
- Les pompes à chaleur hybrides ;
- Les systèmes solaires combinés.
Ainsi, en 2026, la prime Coup de Pouce peut atteindre 4 000 € pour le remplacement d'une chaudière fioul. Un dispositif Coup de pouce Boost fioul avait aussi été mis en place, permettant de bénéficier d'une prime bonifiée de +1000 €, mais il a pris fin en 2023.
L’éco-prêt à taux zéro
Les ménages qui souhaitent changer la chaudière fioul et diminuer leur facture d'énergie peuvent également bénéficier de l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) même s’ils n’effectuent pas d’autres travaux de rénovation énergétique, contrairement aux règles actuelles.
Pour rappel, ce prêt permet de financer les travaux d’amélioration de la performance énergétique, pour les habitations achevées avant le 1ᵉʳ janvier 1990.
Les conditions d'obtention du prêt restent les mêmes : rénover les biens immobiliers en suivant des cahiers de charge précis et sous certaines conditions.
Cependant, l'éco-prêt est accordé sans conditions de ressources et peut atteindre 50 000 € dans le cadre d'une rénovation globale.
Montant de l'éco-prêt pour le remplacement de chaudière | | - | Action seule | 2 travaux | 3 travaux | Performance énergétique globale |
|---|
| Montant maximal du prêt | 15 000 € * | 25 000 € | 30 000 € | 50 000 € |
|---|
* Dans le cas d'une action seule, le montant maximal du prêt est de 7 000 € si les travaux concernent des parois vitrées
Les chèques énergie
Montant de l'aide : jusqu'à 277 € accordé aux personnes avec de faibles revenus
Les chèques énergies permettent de financer des travaux de rénovation. Il s'agit d'une aide versée automatiquement à tous les foyers éligibles, c'est-à-dire dont les ressources ne dépassent pas les plafonds fixés. En 2026, le montant du chèque énergie peut atteindre jusqu'à 277 €, en fonction de vos revenus.
L'objectif premier de ce dispositif est d'aider les ménages modestes dans leurs dépenses énergétiques, mais le chèque énergie peut désormais aussi servir à financer des travaux de rénovation énergétique. Il suffit de le transformer en chèque travaux.
Depuis son expérimentation en 2017 dans certains départements français, le chèque énergie a permis d'aider plusieurs millions de ménages à payer leurs factures de chauffage, quelle que soit l'énergie utilisée. Cette mesure a depuis été étendue à l’ensemble du territoire national. En 2026, ce sont plus de 5 millions de foyers qui peuvent en bénéficier.
Le chèque énergie remplace les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz et est accordé aux personnes à faibles revenus.
TVA à taux réduit
Montant de l’aide : TVA à 5,5 % ou 10 %
TVA à 5,5 %
Pour la réalisation de travaux d’isolation thermique ou l’amélioration de la qualité du chauffage, la TVA à taux réduit à 5,5 % est accessible et profitable aux propriétaires et aux locataires.
Ces derniers peuvent en tirer profit à condition de respecter les conditions d’éligibilité ainsi que quelques exigences techniques.
En effet, afin de percevoir l’exonération, il existe une performance minimale à justifier à la fin des travaux. Les travaux éligibles au Crédit d'Impôt pour la Transition Énergétique sont soumis à un taux de TVA réduit à 5,5 %.
Ces travaux concernent la pose et l'installation de matériaux et d'équipements améliorant la qualité énergétique des locaux : chaudière gaz à condensation haute performance énergétique, pompe à chaleur air-eau, isolation thermique, etc.
TVA à 10 %
À compter du 1ᵉʳ janvier 2014, un taux de TVA réduit à 10 % est appliqué pour les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien de la résidence principale ou secondaire.
Pour en bénéficier, le logement doit être achevé depuis plus de 2 ans.
Subvention ANAH (Agence Nationale de l'Habitat)
Montant de l’aide : 35 % à 50 % du prix des travaux, plafonné à 20 000 € HT
Les propriétaires occupants peuvent se voir octroyer une subvention de l’agence nationale de l’habitat, à hauteur de 35 % (revenus modestes) à 50 % (revenus très modestes) du montant de leurs travaux.
Le bénéficiaire s’engage à habiter dans le logement pendant une durée de 6 ans. Par ailleurs, les travaux doivent être réalisés dans un logement de plus de 15 ans, occupé comme résidence principale.
ASE (Aide à la Solidarité Énergétique)
Montant de l’aide : 1 600 € à 2 000 €
L'Agence nationale de l'habitat peut accorder une aide à la solidarité énergétique (ASE) pour la réalisation d'importants travaux d'économie d'énergie.
Cette aide intervient uniquement en complément d'une subvention versée par l'Anah. Le logement doit être situé dans un département doté d'un contrat local d'engagement contre la précarité énergétique (CLE).
De plus, les travaux doivent améliorer d'au moins 25 % la performance énergétique du logement. Un opérateur spécialisé est alors habilité par l'Anah pour l'élaboration, le montage et le suivi des travaux.
Aide des collectivités locales
Montant de l’aide : variable selon la collectivité territoriale et les ressources
Les collectivités locales peuvent être sollicitées pour finaliser le financement d’un projet de rénovation énergétique. Ces aides sont très variées et dépendantes de plusieurs structures.
Les usagers peuvent se renseigner auprès de l'ANAH, de la commune, du département ou encore de la région.
Quelles sont les alternatives aux chaudières individuelles au fioul ?
Jusqu’à 90 % d’aides de l'État pour financer le remplacement de votre chaudièreFaites remplacer votre chaudière par un installateur local certifié, en profitant des aides au financement proposées par l'État (sous conditions de ressources).
Demande de devis gratuit
Le gaz naturel
Les professionnels du gaz souhaitent quant à eux se poser comme l'alternative la plus crédible avec les chaudières à gaz, puisque 50 % des logements chauffés au fioul se trouvent dans des lieux desservis en gaz naturel par GRDF.
Le passage au propane
Pour les usagers dont les communes ne sont pas desservies par l’opérateur GRDF et ne peuvent donc être reliés au gaz du réseau public, le gaz propane s'impose également comme une solution simple et compétitive et une alternative évidente pour les consommateurs.
Moins coûteux que le fioul, le contrat de fourniture de propane est adaptable en fonction de chaque foyer au cas par cas. Il est vrai que les prix du propane ont augmenté depuis la crise énergétique, mais la hausse reste moins prononcée que celle d'autres énergies :
Les consommateurs concernés par la suppression des chaudières à fioul et désireux de passer au gaz naturel peuvent demander gratuitement un devis auprès de fournisseurs de propane tels que Antargaz ou Butagaz.
En effet, d'après, Matthieu Lassalle, directeur de Primagaz « en choisissant le gaz propane, les Français peuvent déjà amorcer leur transition énergétique, et de vraies énergies renouvelables sont d'ores et déjà disponibles, telles que le bio-propane qui, lui, émet près de six fois moins de CO₂ que le fioul. »
Les autres solutions
Le coût d’une chaudière à bois coûte autour de 15 000 euros. Malgré le coût d'installation élevé, le bois reste l'énergie la moins chère aujourd'hui. Le prix des pellets n'a pas échappé à la crise énergétique, mais il est encore avantageux :
Quant à l'installation d'une pompe à chaleur, il faut compter environ 12 000 euros.
Enfin, pour s’équiper d’un chauffage électrique, la plupart des experts estiment que ce n’est pas envisageable sans d’importants travaux d’isolation des logements, sous peine de voir les factures de courant flamber. L'installation d'un chauffage électrique est très peu coûteuse, mais c'est une énergie chère à l'usage, dont le prix ne cesse d'augmenter.
Quels sont les tarifs pour changer sa chaudière au fioul ?
Une chaudière coûte en moyenne 3 000 à 4 000 € (comme pour le gaz), la neutralisation de la cuve de fioul coûte environ 2 000 €. Il faut donc au moins compter 6 000 € pour passer du fioul au gaz par exemple.
La France s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 75 % d'ici à 2050 par rapport au niveau de 2004.
Remplacer le fioul par une énergie alternative permet de contribuer à la tenue de cet objectif. Cependant, des aides doivent être mises en place rapidement et prolongées par l’exécutif afin d'apporter des solutions concrètes aux 4 millions de foyers français se chauffant actuellement au fioul.