Qu'est-ce que la CSPE ?
La CSPE, ou Contribution au Service Public de l'Électricité, était un prélèvement obligatoire sur chaque kilowattheure d'électricité consommé en France. Instaurée par la loi du 10 février 2000 relative à la modernisation du service public de l'électricité, elle est entrée en application en 2003.
Son objectif était de compenser les charges de service public supportées par les opérateurs électriques, principalement EDF. La CSPE était collectée par les fournisseurs d'électricité sur les factures des consommateurs, puis reversée à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui en assurait la redistribution.
Tous les consommateurs d'électricité y étaient assujettis, qu'ils soient particuliers, professionnels ou collectivités. La CSPE était calculée au prorata de la consommation, exprimée en mégawattheures (MWh). Elle était soumise à la TVA à 20 %, créant un effet de « taxe sur la taxe ».
La CSPE a fusionné avec la TICFE en 2016, puis la TICFE est devenue l'accise sur l'électricité en janvier 2023. C'est la même taxe qui a changé de nom deux fois, tout en conservant le même mécanisme de prélèvement sur la consommation.
Que finançait la CSPE ?
Les recettes de la CSPE, qui atteignaient environ 7 milliards d'euros par an à son pic (2016), couvraient cinq grands postes de dépenses liés au service public de l'électricité :
- le soutien aux énergies renouvelables : obligation d'achat de l'électricité solaire, éolienne et biomasse à des tarifs garantis, via EDF OA ;
- les surcoûts de production insulaire : compensation des coûts de production en Corse, Outre-mer et dans les îles non interconnectées ;
- le chèque énergie (et les tarifs sociaux TPN/TPP avant 2018) destinés aux ménages modestes ;
- le fonctionnement du médiateur national de l'énergie ;
- le budget de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui fixait d'ailleurs le montant de la CSPE.
Répartition indicative du financement par la CSPE
Le poste « énergies renouvelables » représentait à lui seul près de la moitié des charges de la CSPE. L'obligation d'achat de l'électricité solaire à des tarifs très élevés (jusqu'à 600 €/MWh pour les contrats signés en 2006-2010) explique en grande partie la multiplication par cinq du taux entre 2011 et 2016.
Historique des taux de la CSPE (2004-2021)
Le taux de la CSPE a connu une hausse quasi continue pendant plus de dix ans, passant de 4,5 €/MWh en 2004 à 22,5 €/MWh en 2016 — soit une multiplication par cinq. Cette envolée est directement liée au développement massif des énergies renouvelables subventionnées.
Évolution du taux de la CSPE (€/MWh)
| Période | Taux (€/MWh) | Contexte |
|---|---|---|
| 2003-2010 | 4,50 € | Taux initial stable |
| Juillet 2011 | 9,00 € | Doublement pour financer les ENR |
| 2012 | 10,50 € | |
| 2013 | 13,50 € | Explosion du coût des ENR |
| 2014 | 16,50 € | |
| 2015 | 19,50 € | |
| 2016-2021 | 22,50 € | Fusion avec la TICFE |
| Fév. 2022 | 1,00 € | Bouclier tarifaire (accise) |
À titre d'exemple, pour un foyer consommant 5 700 kWh par an, le coût annuel de la CSPE est passé de 25,65 € en 2004 à 128,25 € en 2016, soit une augmentation de plus de 100 € sur la facture en douze ans.
De sa création en 2003 à sa fusion avec la TICFE en 2016, le taux de la CSPE n'a jamais été revu à la baisse. C'est seulement dans le cadre du bouclier tarifaire (2022), sous le nom d'accise, que la taxe a connu sa première réduction drastique, passant de 22,5 à 1 €/MWh.
De la CSPE à l'accise sur l'électricité
La transformation de la CSPE en accise ne s'est pas faite en un jour. Il s'agit d'un processus de simplification fiscale progressive étalé sur sept ans (2016-2023), qui a fusionné quatre taxes distinctes en une seule.
Chronologie : de la CSPE à l'accise
2016 : la CSPE fusionne avec la TICFE
La loi de finances rectificative pour 2015 a supprimé la CSPE en tant que prélèvement distinct. À compter du 1er janvier 2016, son montant (22,5 €/MWh) a été intégré dans la TICFE, une taxe intérieure de consommation préexistante. Le mécanisme de prélèvement est resté le même — seul le nom a changé.
Cette fusion avait un objectif de simplification : au lieu de deux prélèvements parallèles sur la consommation d'électricité, un seul taux unifié était désormais appliqué. Les recettes, elles, continuaient d'alimenter le budget général de l'État.
2022-2023 : absorption des taxes locales
Le processus de simplification s'est poursuivi avec l'intégration des taxes locales sur l'électricité :
- 1er janvier 2022 : la TDCFE (part départementale) est absorbée dans la TICFE ;
- 1er janvier 2023 : la TCCFE (part communale) est à son tour intégrée.
Simultanément, la TICFE a été renommée « accise sur l'électricité » dans le cadre de la recodification du droit fiscal. Depuis le 1er janvier 2023, les articles L. 312-1 et suivants du Code des impositions sur les biens et services (CIBS) remplacent les anciens articles du Code des douanes.
La CSPE (2003), la TICFE (2011), la TDCFE et la TCCFE ont toutes été fusionnées en une taxe unique : l'accise sur l'électricité. Le taux actuel de 30,85 €/MWh intègre l'ensemble de ces composantes historiques.
La CSPE existe-t-elle encore en 2026 ?
Non, la CSPE n'existe plus en tant que taxe distincte. Depuis sa fusion avec la TICFE au 1er janvier 2016, la CSPE a cessé d'exister comme prélèvement séparé sur les factures d'électricité. Le terme « CSPE » reste toutefois couramment utilisé dans le langage courant et dans certains documents pour désigner la composante principale de l'accise sur l'électricité.
En 2026, la taxe qui s'applique sur la consommation d'électricité s'appelle l'accise sur l'électricité. Son taux normal est de 30,85 €/MWh depuis février 2026, soit environ 175,85 € par an pour un foyer consommant 5 700 kWh. Ce taux est plus élevé que le dernier taux de la CSPE (22,5 €/MWh) car il intègre désormais les anciennes taxes locales (TDCFE et TCCFE).
Si la CSPE a disparu en droit, les missions qu'elle finançait perdurent. Le budget général de l'État continue de financer le soutien aux énergies renouvelables, le chèque énergie et les surcoûts insulaires, à hauteur des recettes de l'accise et des dotations budgétaires.
Certains fournisseurs mentionnent encore « CSPE » ou « TICFE » sur leurs factures par habitude. En réalité, la ligne correspond à l'accise sur l'électricité. Vérifiez que le taux appliqué correspond bien à 30,85 €/MWh (ou 0,03085 €/kWh) pour un contrat résidentiel standard.
Annonce - Service Selectra non affilié à EDF.