16isolants courants
Nombre d'isolants thermiques répandus en France, répartis en 3 familles (naturels, minéraux, synthétiques)
Liste ADEME / FCBA · 2026
0,022W/m.K min
Conductivité thermique du polyuréthane (PUR), le plus performant : 3 à 5 fois plus que la laine de verre à épaisseur égale
Fiches techniques fabricants PUR
e = λ × Rformule
Calcul de l'épaisseur nécessaire à partir du λ et de la résistance thermique cible R imposée par la RE 2020
Norme NF EN ISO 6946

Les 3 grandes familles d'isolants

Les isolants se classent selon leur origine. Chaque famille a ses points forts et ses faiblesses, et certains matériaux sont mieux adaptés à des configurations spécifiques (humidité, accessibilité, performance maximale).

Isolants naturels (biosourcés)
Fabriqués à partir de fibres animales ou végétales. Faible impact environnemental, renouvelables. Forte perméabilité à la vapeur d'eau — très adaptés à la rénovation des logements anciens en assurant la continuité des transferts d'humidité d'une paroi à l'autre. Inclut : ouate de cellulose, fibre de bois, béton de chanvre, laine de chanvre, laine de lin, laine de mouton, botte de paille, liège expansé.
Isolants minéraux
Issus de ressources minérales (roche volcanique, sable, verre, recyclage). Couramment employés en France pour leur excellent rapport qualité-prix. Incombustibles, intéressants pour la résistance au feu et l'isolation acoustique. Inclut : laine de verre, laine de roche, verre cellulaire, perlite, vermiculite.
Isolants synthétiques
Issus du pétrole brut — impact environnemental élevé. En contrepartie, les plus performants thermiquement à épaisseur réduite (conductivité aussi basse que 0,022 W/m.K pour le polyuréthane). Idéaux quand l'espace est limité (hauteur sous plafond réduite, mur fin). Inclut : PSE, XPS, polyuréthane (PUR).
Choisir selon le contexte
Trois critères de tri rapide : (1) milieu humide ou pièce humide (cave, salle de bain) → synthétiques (PSE, XPS) ou verre cellulaire, éviter les biosourcés ; (2) logement ancien à respirer → biosourcés (chanvre, fibre de bois, ouate cellulose) ; (3) budget contraint, performance correcte → minéraux (laine de verre ou roche).

Table comparative complète des isolants

Toutes les valeurs ci-dessous sont tirées des fiches techniques des principaux fabricants français et européens. Les plages reflètent la diversité des produits sur le marché (conditionnement, densité, additifs).

Isolants naturels (biosourcés)

Isolant Conductivité λ (W/m.K) Masse volumique ρ (kg/m³)
Ouate de cellulose0,037 à 0,04230 à 70
Fibres de bois denses0,038 à 0,049110 à 240
Béton de chanvre0,06 à 0,15200 à 800
Laine de chanvre0,039 à 0,05200 à 800
Laine de lin0,037 à 0,04220 à 45
Laine de mouton0,035 à 0,04512 à 35
Botte de paille0,052 à 0,08080 à 120
Liège expansé0,037 à 0,04465 à 180

Isolants minéraux

Isolant Conductivité λ (W/m.K) Masse volumique ρ (kg/m³)
Laine de verre0,030 à 0,04510 à 28
Laine de roche0,033 à 0,04228 à 150
Verre cellulaire0,041 à 0,12115 à 250
Perlite0,045 à 0,0690 à 280
Vermiculite0,065 à 0,09570 à 240

Isolants synthétiques

Isolant Conductivité λ (W/m.K) Masse volumique ρ (kg/m³)
Polystyrène expansé (PSE)0,032 à 0,03810 à 30
Polystyrène extrudé (XPS)0,028 à 0,04015 à 30
Polyuréthane (PUR)0,022 à 0,02830 à 40

Sources : fiches techniques fabricants (Isover, Knauf, Saint-Gobain, Rockwool, Soprema), ADEME, FCBA · 2026. Valeurs typiques, à vérifier sur la fiche du produit exact que vous achetez.

Les 4 critères techniques à connaître

Au-delà du λ et de la masse volumique, quatre indicateurs encadrent la performance d'un isolant. Bien les comprendre permet de comparer objectivement deux produits concurrents.

Conductivité thermique λ (W/m.K)
Capacité à laisser passer la chaleur. Plus λ est faible, plus l'isolant est performant. Les meilleurs (PUR à 0,022 W/m.K) sont 3 fois plus isolants que les moins bons (béton de chanvre à 0,15) à épaisseur égale. Donnée fabricant obligatoire, imprimée sur l'emballage. Critère n°1 de comparaison entre isolants.
Résistance thermique R (m².K/W)
Capacité à s'opposer à un flux thermique. R = épaisseur / λ. Plus R est élevé, plus l'isolant est performant. C'est cette valeur qui est imposée par la RE 2020 : R ≥ 7 pour combles perdus, R ≥ 6 pour combles aménagés, R ≥ 3,75 pour murs intérieurs. Voir notre calculateur d'épaisseur.
Diffusivité et déphasage thermique
La diffusivité mesure la vitesse à laquelle la chaleur traverse le matériau, tandis que le déphasage indique le temps que met la chaleur (en heures) pour traverser l'isolant. C'est un critère clé pour le confort estival : un déphasage supérieur à 10 h évite la surchauffe nocturne en été. Les isolants denses comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose offrent les meilleurs déphasages, là où les synthétiques type polyuréthane ou polystyrène expansé restent plus faibles sur ce critère.
Comportement au feu
Norme européenne Euroclasse A à F. Les isolants minéraux (laine de verre, laine de roche) sont classés A1/A2 (incombustibles), idéaux dans les configurations à risque (combles, planchers). Les biosourcés sont généralement classés E ou D (combustibles mais sans propagation rapide grâce aux traitements ignifuges). Les synthétiques non traités peuvent être classés F (très inflammables) — vérifier la présence d'additifs ignifugeants.

Quel isolant pour quel projet ?

Le bon isolant dépend de la zone à isoler, des contraintes (humidité, hauteur, accessibilité) et de vos priorités (performance, écologie, prix).

Combles perdus — soufflage
Pour des combles perdus accessibles, on privilégie les isolants en vrac soufflés mécaniquement sur toute la surface. La laine de verre soufflée reste l'option la plus économique avec un lambda autour de 0,039 W/m.K. L'ouate de cellulose offre une alternative plus écologique et un excellent déphasage estival, pour un lambda comparable. La laine de roche en flocons est une troisième solution intéressante. Dans tous les cas, l'objectif réglementaire est de viser R ≥ 7. Voir notre guide de calcul de quantité.
Combles aménagés / sous-toiture
Quand le grenier devient pièce à vivre, l'isolant se pose en panneaux ou rouleaux entre les chevrons. La laine de verre et la laine de roche restent les standards économiques. Pour gagner en confort estival, la fibre de bois offre un excellent déphasage thermique, et la laine de chanvre apporte une option biosourcée intéressante en logement ancien. L'objectif réglementaire est de viser R ≥ 6. Voir notre guide isolation sous-toiture.
Murs intérieurs (ITI)
L'isolation thermique par l'intérieur reste la solution la plus courante en rénovation. La pose se fait en panneaux ou rouleaux fixés sur une ossature métallique, la laine de verre et la laine de roche y dominent largement le marché. Dans les pièces humides comme une salle de bain ou un cellier, on bascule vers du polystyrène expansé ou extrudé pour éviter tout problème d'humidité. L'objectif est de viser R ≥ 3,75. Voir notre guide isolation des murs par l'intérieur.
Murs extérieurs (ITE)
L'isolation par l'extérieur est techniquement la plus efficace puisqu'elle élimine les ponts thermiques en enveloppant le bâti d'une couche continue. Trois familles s'imposent en façade : panneaux rigides de polystyrène expansé pour le rapport qualité-prix, laine de roche pour la résistance au feu, ou fibre de bois rigide pour les rénovations en logement ancien. L'objectif réglementaire reste R ≥ 3,75. Voir notre guide isolation des murs par l'extérieur.
Sols et planchers bas
Pour isoler sous chape, il faut des panneaux rigides qui résistent à la compression sans se déformer dans le temps. Le polystyrène extrudé reste le standard du marché, le polyuréthane offre les meilleures performances thermiques à faible épaisseur, et le verre cellulaire s'impose dans les sous-sols ou autres environnements humides. L'objectif est de viser R ≥ 3. Voir notre guide isolation par le sol.
Pièces humides (cave, garage)
Dans une cave, un garage ou un cellier, les isolants biosourcés sont à éviter car ils se dégradent vite au contact de l'humidité. On privilégie alors le polystyrène extrudé en panneaux rigides, le verre cellulaire totalement étanche à l'eau, ou la mousse polyuréthane projetée qui épouse les surfaces irrégulières. Voir notre guide isolation plafond pour ces cas particuliers.
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16
isolants à comparer selon votre zone

Questions fréquentes sur les isolants thermiques

À épaisseur égale, le plus performant est le polyuréthane (PUR) avec une conductivité λ de 0,022 à 0,028 W/m.K. Il est suivi par le polystyrène extrudé (XPS) (0,028 à 0,040) et le polystyrène expansé (PSE) (0,032 à 0,038). Côté minéraux, la laine de verre et la laine de roche tournent autour de 0,030 à 0,045 W/m.K. Mais « performance pure » ne fait pas tout : pour le confort été, les biosourcés denses (fibre de bois, ouate de cellulose) offrent un meilleur déphasage thermique malgré un λ moins favorable.

La conductivité thermique λ (W/m.K) est une propriété intrinsèque du matériau : plus elle est faible, plus le matériau est isolant. La résistance thermique R (m².K/W) tient compte de l'épaisseur installée : R = épaisseur / λ. R est la valeur à comparer à la réglementation (RE 2020) qui impose R ≥ 6 ou 7 selon les zones. À λ identique, un isolant plus épais aura un R plus élevé donc une meilleure performance globale.

Les isolants biosourcés (laine de chanvre, laine de mouton, laine de lin, fibre de bois en panneau, ouate de cellulose) sont perméables à la vapeur d'eau — excellents en logement ancien à respirer, mais à éviter en environnement très humide sans pare-vapeur soigné (cave, salle de bain, garage). Privilégier alors les synthétiques (PSE, XPS, PUR) ou le verre cellulaire qui résistent naturellement à l'humidité.

En conductivité pure, la laine de chanvre (λ 0,039-0,05) et l'ouate de cellulose (λ 0,037-0,042) sont équivalentes à la laine de verre (0,030-0,045). Côté confort été et acoustique, les biosourcés sont même supérieurs grâce à leur densité et leur capacité de déphasage. Leur principal point faible : sensibilité à l'humidité et prix généralement 30 à 80 % plus élevé.

Pour des combles perdus accessibles, privilégier les isolants en vrac à souffler : laine de verre soufflée (le plus économique, λ 0,030-0,045), ouate de cellulose (écologique, λ 0,037-0,042, excellent confort été), laine de roche en flocons (incombustible). Cibler une résistance thermique R ≥ 7 imposée par la RE 2020. Voir notre guide quantité de laine de verre pour calculer le nombre de sacs.

Le polystyrène expansé (PSE) et extrudé (XPS) en place ne dégage pas de COV (composés organiques volatils) en quantité notable. Le principal risque est l'inflammabilité : en cas d'incendie, le polystyrène fond et brûle en dégageant des fumées toxiques. Vérifier la présence d'additifs ignifugeants (Euroclasse au moins B ou C, idéalement A2). Pour limiter l'impact environnemental, privilégier les versions sans HBCD (interdit en Europe depuis 2015). Le polyuréthane (PUR) en mousse projetée demande des précautions plus strictes lors de la pose (port d'équipements de protection).