L'origine du gaz consommé en France en Juillet 2026
La France produit moins d'1 % du gaz qu'elle consomme : le pays est dépendant à 99 % des importations, qui transitent soit par gazoducs (Norvège, Pays-Bas) soit en gaz naturel liquéfié (GNL) par bateau-méthanier (États-Unis, Algérie, Russie, Qatar, etc.). La répartition par pays a fortement évolué depuis 2022 et la guerre en Ukraine.
Source : Ministère de la Transition énergétique, données 2024 sur 481 TWh d'importations annuelles. Les volumes Russie sont en décrue continue depuis 2022 et devraient passer sous 10 % d'ici 2027.
Avant 2022, la Russie fournissait environ 20 % du gaz français et 40 % du gaz européen. Suite à l'invasion de l'Ukraine, l'UE a engagé un vaste plan de diversification (REPowerEU) : la France a réduit ses imports russes à 18 % en 2024, en compensant principalement par du GNL américain (+15 points) et norvégien (+5 points). La part russe résiduelle correspond aux contrats GNL Yamal signés avant la guerre, dont la sortie est progressive.
Comment le gaz arrive-t-il en France ?
Deux modes de transport coexistent, avec des logiques économiques et géopolitiques différentes. Les gazoducs (Norvège, Pays-Bas) offrent des coûts d'acheminement bas mais rendent dépendant d'une route fixe. Le GNL (États-Unis, Algérie, Qatar) coûte plus cher (liquéfaction, transport maritime, regazéification) mais offre une grande flexibilité d'approvisionnement.
Gazoducs
~ 43 %
Canalisations souterraines en acier, posées sous mer ou sous terre, avec stations de compression tous les 150 km. La Norvège est notre principal partenaire via les gazoducs Langeled et Vesterled. Coûts d'acheminement faibles, dépendance géopolitique forte (route fixe et engagement long-terme).
GNL (gaz naturel liquéfié)
~ 57 %
Le gaz est liquéfié à -162 °C dans le pays producteur (réduction de volume × 600), embarqué sur méthanier, puis regazéifié dans un terminal d'arrivée (Dunkerque, Fos-Cavaou, Fos-Tonkin, Montoir-de-Bretagne). Coûts plus élevés mais flexibilité maximale : chaque cargaison peut changer de destination.
La part GNL a fortement progressé en France depuis 2022 (≈ 30 → 57 %) suite au remplacement du gaz russe par le GNL américain. Les terminaux français ont été massivement saturés en 2022-23, avec des projets d'agrandissement en cours.
La montée du biogaz local
Si la France reste fortement dépendante des importations, une part de son gaz est désormais produite localement via la méthanisation des déchets agricoles, ménagers et boues de stations d'épuration. Cette filière biométhane est en croissance rapide :
- ~ 500 sites d'injection opérationnels en France fin 2024 (contre une dizaine en 2014) ;
- 14 TWh de biogaz injecté en 2024, soit ~ 3 % de la consommation française annuelle ;
- Objectif PPE : 20 % de gaz renouvelable dans le réseau d'ici 2030 ;
- Densité forte en région agricole : Bretagne, Grand-Est, Hauts-de-France, Pays de la Loire.
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D'un point de vue chimique, le biométhane et le gaz naturel sont identiques (méthane CH₄ purifié). Votre chaudière ne fait pas la différence — elle brûle indifféremment l'un ou l'autre. La seule différence est l'origine et l'empreinte carbone : le biogaz émet ~ 23,4 g CO₂eq/kWh contre 227 pour le gaz naturel fossile, soit 90 % de moins.
L'origine du gaz dépend-elle de mon fournisseur ?
Non, du moins pas physiquement. Tous les fournisseurs (Engie, TotalEnergies, EDF, Vattenfall, Ekwateur, Ilek…) injectent leur gaz dans le même réseau public GRDF, qui le mélange et le distribue à tous les compteurs raccordés. Vous recevez donc la même molécule que vos voisins, quel que soit votre contrat.
En revanche, votre fournisseur s'engage sur l'origine commerciale du gaz qu'il achète sur les marchés : certains privilégient les contrats GNL américains (Engie, EDF), d'autres le biogaz français local (Ekwateur, Ilek, certaines coopératives), d'autres encore mélangent toutes sources (TotalEnergies). Lire les conditions générales du contrat permet de savoir d'où vient le gaz que votre fournisseur achète, même si physiquement vous recevez un mélange réseau.
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Questions fréquentes sur l'origine du gaz
En 2024, la Norvège est notre premier fournisseur (41 %, 193 TWh) via les gazoducs Langeled et Vesterled. Suivent les États-Unis (21 %, GNL), la Russie (18 %, GNL Yamal en décrue), l'Algérie (11 %, GNL Hassi R'mel), les Pays-Bas (3 %) et le Nigeria (2 %). Sources : Ministère Transition énergétique.
Très peu : moins de 1 % du gaz consommé est issu d'une production nationale fossile (le gisement de Lacq dans le Béarn, exploité historiquement, est en fin de vie). En revanche, la filière biogaz monte en puissance : 14 TWh injectés en 2024 (~ 3 % de la consommation), avec environ 500 sites de méthanisation actifs et un objectif de 20 % de gaz renouvelable d'ici 2030.
Suite à l'invasion de l'Ukraine en février 2022, l'UE a engagé un plan massif de réduction de sa dépendance au gaz russe (REPowerEU). Les importations européennes sont tombées de 40 % en 2021 à 11 % en 2024. La France a fait pareil : 20 % en 2021 → 18 % en 2024. La sortie complète n'est pas encore atteinte car des contrats GNL Yamal signés avant 2022 courent encore.
Deux modes : gazoducs (Norvège, Pays-Bas) qui acheminent le gaz à l'état gazeux par canalisations sous-marines et terrestres ; GNL (gaz naturel liquéfié) pour les origines lointaines (USA, Algérie, Qatar, Nigeria) — le gaz est liquéfié à -162 °C, embarqué sur méthanier, puis regazéifié dans un terminal d'arrivée. Quatre terminaux GNL en France : Dunkerque, Fos-Cavaou, Fos-Tonkin, Montoir-de-Bretagne.
Oui, certaines offres garantissent une part biogaz française physique (par exemple Ekwateur Biogaz 100 %, Ilek avec ses producteurs partenaires). Le mécanisme repose sur l'achat de garanties d'origine : pour chaque MWh consommé, votre fournisseur prouve qu'un MWh de biogaz français a été injecté dans le réseau GRDF. Vérifiez toujours les conditions générales pour distinguer le biogaz physique de la simple compensation carbone.
Cela dépend du mode et du moment. Le gazoduc norvégien est aujourd'hui le mode le moins cher (~ 30 €/MWh). Le GNL américain coûte environ 30 à 40 €/MWh hors crise. Le biogaz local reste plus cher (24-32 €/MWh à la production sur les contrats récents) mais sa trajectoire est baissière. À moyen terme, le biogaz français devrait devenir compétitif avec le gaz importé d'ici 2030.