RTE, gestionnaire du réseau de transport d'électricité
Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France est RTE (Réseau de Transport d’Electricité). Créée en 2000 au sein d’EDF, alors monopole du service public de l’électricité en France, RTE devient une société anonyme, filiale d’EDF le 1er septembre 2005.Son rôle, dans le cadre de la libéralisation du marché de l’électricité dans l’Union Européenne est d’assurer la gestion et l’exploitation du réseau de transport d’électricité en France.
RTE a signé avec l’Etat un contrat de service public (CSP) en octobre 2005. Ses missions sont : éviter les coupures d’électricité (black-out) en France, assurer l’équilibre entre production et consommation d’électricité, entretenir et développer le réseau, et favoriser un marché de l’énergie responsable par des économies d’électricité.
RTE est financé par le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics de Transport et de Distribution). Le TURPE est fixé par le gouvernement sur proposition de la Commission de Régulation de l'Energie. La CRE a tendance a modérer les exigences de hausse du TURPE de RTE et d’ERDF dans l’intérêt du consommateur. Avec environ 8500 salariés, le chiffre d’affaires de RTE qui gère 100000 km de lignes haute et très haute tension est de 4,2 milliards d’euros (2008).
RTE a été fondé par André Merlin et est actuellement dirigé par Dominique Maillard, X-Mines, ancien secrétaire général de l’Observatoire de l’énergie et représentant de la France a l’AIE (Agence Internationale de l’Energie).
RTE face aux bouleversements du métier de gestionnaire du réseau de transport d'électricité
RTE et l'ouverture à la concurrence
Si RTE conserve le monopole du transport d'électricité, RTE a toutefois un rôle dans l'ouverture à la concurrence des activités de production et de fourniture d'électricité. En effet, bien que RTE soit une filiale d'EDF, RTE se doit d'assurer un service égal et non discriminatoire pour tous les utilisateurs des réseaux de transport d'électricité. Il incombe donc à RTE, sous la surveillance de la Commission de Régulation de l'Energie, de ne pas favoriser sa maison mère EDF au détriment de ses concurrents Poweo, Direct Energie, Gaz de France ou Planète Oui. Par ailleurs, les centrales de production d'électricité raccordées au réseau de transport d'électricité de RTE n'appartiennent plus toutes à EDF (ex: centrale à gaz Poweo de Pont-sur-Sambre).
RTE et les énergies renouvelables
RTE est confronté à une modification progressive de la structure de production d'électricité française. Avec le développement de l'électricité solaire-photovoltaïque, éolienne et biomasse, RTE doit en effet faire face à l'arrivée de sources de production d'électricité décentralisées et intermittentes. Au contraire, le système traditionnel autorisait une production d'électricité prévisible et centralisée, qui rendait la gestion du réseau de transport d'électricité beaucoup plus simple pour RTE. Des investissements importants sont donc nécessaires pour permettre une plus grande flexibilité sur les réseaux et le raccordement de capacités de production d'électricité verte. RTE prend d'autant plus au sérieux cette problématique que l'Union européenne joue un rôle d'impulsion fort dans la promotion des énergies renouvelables, qui doivent représenter 23% de la consommation de l'UE à l'horizon 2020.
RTE et les efforts de sécurisation des réseaux
RTE est notamment responsable d'assurer la continuité et la qualité du courant sur les réseaux. RTE prévoit un lourd programme d'investissements pour la sécurisation de l'approvisionnement de certaines régions souffrant de faiblesses structurelles. RTE cible particulièrement les "presqu'îles énergétiques" que sont la Bretagne et la Côte d'Azur: disposant de peu de capacités de production locales, ces régions sont dépendantes d'une seule ligne de transport d'électricité pour leur approvisionnement. Les incidents sur les réseaux ou les pics de consommation ont alors souvent des conséquences d'ampleur, privant d'électricité des centaines de milliers de foyers. C'est pourquoi RTE investira notamment plusieurs centaines de millions d'euros dans une ligne haute tension en grande partie enterrée desservant la Côte d'Azur.
RTE et la création d'un grand marché européen de l'électricité
La Commission européenne rêve d'un grand marché européen de l'électricité, et plus largement de l'énergie. Dans les faits, cette dynamique se traduit par le renforcement des capacités des interconnexions pour permettre aux flux d'électricité de franchir plus librement les frontières. RTE doit prendre en considération cette problématique dans ses plans d'investissements.
RTE et les smart grids
Si le smart metering (compteurs intelligents) concerne essentiellement le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité ERDF, l'implémentation des smart grids relève de RTE. Les smart grids désignent l'ensemble des technologies (en particulier informatiques) permettant de rendre les réseaux électriques "intelligents". Le réseau électrique est dit intelligent s'il permet:
- les mécanismes de réponse de la demande aux signaux de prix: coupures sélectives des équipements non essentiels, tarification en temps réel
- le raccordement des sources de production d'électricité décentralisées et intermittentes
- l'optimisation des flux sur les réseaux électriques pour diminuer pertes et phénomènes de congestion du réseau
- le repérage en temps réel des pannes et anomalies sur le réseau électrique, et le retour à la normal en limitant les conséquences de l'incident pour les consommateurs.
RTE doit tenir compte d'un contexte international particulièrement enthousiaste face aux technologies smart grids, qui contribuent à la sécurisation des réseaux comme à la préservation de l'environnement par la diminution de la consommation et la croissance des énergies renouvelables. Les laboratoires de recherche japonais, américains et allemands tendent ainsi à prendre de l'avance sur leurs homologues français. Les investissements de RTE pour mettre en place un programme complet de recherche et d'implémentation des technologies smart grids se chiffreraient en milliards d'euros.
