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Qui est Jean-Bernard Levy, le nouveau patron d'EDF ?

La décision a été rendue officielle mercredi en Conseil des ministres, avec l'approbation du président de la République : Henri Proglio ne sera pas reconduit à la tête du fournisseur historique EDF. Jean-Bernard Lévy, 59 ans et actuellement le dirigeant de Thalès, le remplace.

Une décision entérinée après un mois et demi de spéculations, après que l'Etat a exprimé sa volonté de trouver un nouveau dirigeant pour EDF à la mi-octobre. Davantage que la non-reconduction d'Henri Proglio, c'est le choix de Jean-Bernard Lévy qui a surpris, celui-ci provenant plutôt du sérail des télécoms.

Jean-Bernard Lévy, un dirigeant expérimenté et proche des politiques publiques

Diplômé de l'Ecole Polytechnique et de ParisTech, Jean-Bernard Lévy fait deux passages en cabinets ministériels, notamment au service de Gérard Longuet quand ce dernier occupe les postes de ministre délégué aux Postes et Télécommunications en 1986, de celui de ministre de l'Industrie en 1993. Dans ses choix de carrière, le nouveau dirigeant d'EDF montre cependant qu'il n'est pas vraiment un animal politique, mais plutôt un homme du secteur privé.

Un habitué des "sauvetages d'entreprises"

Il fait ses armes à la direction opérationnelle des télécommunications d'Angers (société qui deviendra plus tard France Telecom), où il entre en 1982. Il fait ensuite un passage chez Matra, à la direction Espace en qualité de directeur des satellites de télécommunications. En 1995, il est promu au poste de président-directeur-général de Matra Communication, où il supervise notamment les éditions Hachette.

En 2005, il franchit la première étape majeure de sa carrière en accédant au poste de directeur général de Vivendi. Ce grand groupe français aux spécialisations multiples (propriétaire de Canal+, SFR, Universal Music et disposant de parts dans l'industrie du jeu vidéo) est alors à la dérive après le départ de son patron Jean-Marie Messier. Il y travaille en équipe avec Jean-René Fourtou pour redresser le groupe, et accède à la présidence du directoire en 2005

En 2012, il est nominé à la tête de Thales, un autre grand groupe français alors en difficulté. Durant son court mandat de deux ans, il remet le groupe sur les rails, en travaillant sur plusieurs fronts. Il apaise le dialogue social interne, clarifie la stratégie du groupe et réactive sa présence internationale.

Un partenaire plus conciliant pour l'Etat ?

Dirigeant expérimenté, habitué au fonctionnement de l'Etat, Jean-Bernard Lévy est aussi un homme de consensus, contrairement à son prédécesseur Henri Proglio. Alors que Proglio se posait comme un fervent défenseur du nucléaire, ce qui a pu l'amener à se confronter directement à la nouvelle politique énergétique du gouvernement, le nouveau dirigeant d'EDF semble avoir été choisi pour sa capacité à travailler en partenariat avec l'Etat.

Ayant bénéficié de solides rémunérations à la tête de Vivendi et de Thales, Jean-Bernard Lévy devra savoir s'adapter à des salaires plus réduits chez EDF. Depuis un décret de juillet 2012, la rémunération des patrons d'entreprises publiques est en effet fixée à 450 000 euros.

Quels chantiers pour Jean-Bernard Lévy, nouveau P-DG d'EDF ?

La part du nucléaire, sujet incontournable de la transition énergétique

La nomination de Jean-Bernard Lévy suit de près le vote de la loi de transition énergétique à l'Assemblée nationale, un texte qui prévoit notamment de faire passer la part du nucléaire de 75 à 50% d'ici 2025. Le nouveau PDG d'EDF aura à charge d'opérer cette transition, tout en y associant les objectifs du chantier de "grand carénage". Il s'agira de la mise à niveau des 58 réacteurs nucléaires d'EDF, représentant un plan de 55 milliards d'euros d'investissements jusqu'en 2025, pour une prolongation de leur durée de vie au-delà de 40 ans.

Dans le cadre de la transition énergétique, il devra œuvrer en parallèle au développement des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, biomasse) dans le portfolio d'EDF. Il a cependant insisté sur la nécessité de "mettre sous contrôle" la CSPE, une contribution payée par tous les clients d'électricité en financement du développement des énergies vertes, et qui voit son montant croître chaque année.

Enfin, Jean-Bernard Lévy devra œuvrer au développement d'EDF en tant qu'acteur international. Sur le moyen terme, il devra notamment assurer la bonne implantation de deux réacteurs nouvelle génération à Hinkley Point, en Angleterre.

Premières déclarations pour la hausse des tarifs réglementés

Nommé depuis peu, Jean-Bernard Lévy a déjà tenu à souligner son objectif prioritaire, la restauration de l'équilibre financier, qu'il conçoit comme nécessaire pour préparer les investissements massifs qui sont attendus du groupe. Cet équilibre ne pourra être atteint, selon lui, que grâce à une augmentation plus franche des tarifs réglementés. Ces derniers ont progressé de 2,5% en novembre, alors que 5% étaient prévus initialement. Un gel des tarifs qui a déjà fait perdre 500 millions d'euros à EDF, selon les Echos. Il a rappelé qu'EDF se trouve aujourd'hui dans une situation où "c'est l'endettement qui permet de payer les dividendes", notamment à l'Etat, actionnaire à 84,5%. 

 

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