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Areva change de nom et devient Orano

Areva / Orano

Areva, géant de l’énergie et du nucléaire, connaît aujourd’hui un changement majeur : sa filiale New Areva devient Orano. Alors pourquoi ce changement de nom soudain ? Quelles seront les spécificités et les spécialités d’Orano dans le secteur de l’énergie et du nucléaire ?

Des années compliquées

Areva, multinationale française du secteur de l’énergie créée en septembre 2001, est une entreprise spécialisée dans le secteur du nucléaire. New Areva change aujourd’hui de nom pour devenir Orano, dans un contexte bien particulier.

En effet, l’ex-leader du nucléaire a connu des temps difficiles ces dernières années : la crise de 2008, mais aussi la catastrophe de Fuskushima (Japon), sans oublier l’échec du chantier de l’EPR en Finlande, ainsi que les erreurs d’investissements ou encore les affaires de corruption et les effets de la concurrence avec l’autre leader du marché, EDF.

A la suite de ces événements, Areva a été divisée en trois entreprises.

  1. New Areva (qui est devenue aujourd’hui Orano) est désormais spécialisé dans l’enrichissement et le recyclage du combustible nucléaire, de la logistique et des services concernant le nucléaire (ainsi que son démantèlement) : Orano emploie aujourd’hui 16 000 salariés.
  2. Areva NP, quant à elle, redevenue Framatome début janvier 2018, est désormais une filiale d’EDF, dédiée à la création des réacteurs et du matériel des centrales nucléaires.
  3. La maison mère, Areva SA, est aujourd’hui maintenue de façon temporaire, jusqu’à ce que le contrat avec l’EPR d'Olkiluoto 3 en Finlande arrive à son terme.

Un nouveau nom pour de nouvelles ambitions

déclaration areva-orano-philippe-knoche

Si Areva a dû se séparer de 6 000 salariés, le groupe se relève aujourd’hui grâce au renflouement de l’Etat et du groupe japonais Mitsubishi à hauteur de 5 milliards d’euros.

Le groupe réaffirme ainsi la nécessité de « couper avec le passé » et de développer un « nouveau projet d’entreprise, une nouvelle organisation » (sources internes). Un changement de nom pour amorcer un changement en profondeur, avec de nouveaux objectifs et de nouvelles ambitions.

La première ambition d’Orano est de se développer sur le continent asiatique : le projet est que 30% de son chiffre d’affaire soit effectué dans cette partie du monde en 2020 (contre aujourd’hui 20%).

D’autre part, Orano souhaite se diversifier dans les services, notamment dans le démantèlement nucléaire. En interne, on affirme : « D’ici au milieu du siècle, il y aura 150 réacteurs à démanteler dans le monde ». Ainsi, on estime qu’un salarié d’Orano sur deux devrait être spécialisé dans les activités de services d’ici à 2020.

 

Recentrage sur le combustible

Orano reste toutefois centré sur le cycle du combustible nucléaire : enrichissement de l’uranium, mines, recyclage des combustibles usés, démantèlement, ingénierie et logistique.

Si ses ambitions sont hautes, elles semblent atteignables, si tant est que le secteur nucléaire ait encore un avenir à l’échelle mondiale dans les prochaines années. Dans le cas contraire, Orano devrait se satisfaire des activités de démantèlement.

Tout comme EDF, Areva plaide en faveur d’un nucléaire non producteur de gaz à effet de serre. Toutefois, cette ambition laisse souvent perplexe, et suscite même une forte opposition dans certains pays.

Signification du nouveau nom "Orano"

Fruit du travail de l'agence de naming Nomen, le nouveau nom d'Areva n'a pas été choisi par hasard et comporte plusieurs significations :

  • Le nom Orano est inspiré par le nom du dieu grec du ciel Ouranos qui a été repris ensuite par les romains sous le nom Uranus ;
  • La lettre "O" présent au début et à la fin d'Orano représente le cycle du combustible nucléaire, l'uranium, depuis son extraction jusqu'au recyclage ;
  • La couleur jaune fait référence au YellowCake, un concentré d'uranium, appellé scientifiquement U3O8.

Orano a d'ailleurs été en concurrence jusqu'au dernier moment avec le nom "Osome".

D'après Philippe Knoche, le changement de nom va avoir un coût pour l'entreprise de 5 millions d'euros. Près de 70% de cette somme a d'ailleurs déjà été dépensée.

Enfin, Orano prévoit de quitter son siège à la Défense (la fameuse Tour Areva) et se relocaliser en région parisienne afin de réduire ses dépenses immobilières.

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