Entretien de Wolfgang Anzengruber, PDG de Verbund aux Echos
Les Echos publient le 19 mars un entretien avec le PDG de Verbund, actionnaire principal de Poweo. Verbund et Poweo y présentent les risques que fait peser sur eux le retard de la loi sur la nouvelle organisation du marché de l'électricité et évoquent l'avenir de la libéralisation de l'énergie en France.Les risques pour Poweo selon Wolfgang Anzengruber
Cet entretien est novateur car les fournisseurs d'électricité alternatifs, dont Poweo est emblématique, n'apparaissent plus en vainqueurs triomphants d'EDF. La période Charles Beigbeder semble révolue chez Poweo et le temps n'est plus à l'enthousiasme. Poweo est suspendu à la décision du législateur français de mettre à sa disposition des capacités de production nucléaires bon marché. Le fournisseur d'électricité a donc entamé une cure d'amaigrissement qui inclut une restriction du nombre de CDI, mais aussi l'abandon de l'investissement dans l'acquisition de clients. Chaque nouveau client présente en effet actuellement un coût récurrent pour Poweo. Le fournisseur d'électricité ne réalise pas une marge suffisante entre son prix d'achat en gros de l'électricité et son prix de revente au détail.L'avenir du marché de l'électricité et de Poweo
Pour Poweo, la loi NOME est la réponse au problème majeur du partage de la rente nucléaire. C'est la loi NOME qui permettra aux nouveaux fournisseurs de bénéficier de capacités de production bon marché. Par ailleurs, Wolfgang Anzengruber évoque la mise en concurrence des concessions sur les barrages actuellement exploités par EDF. L'important savoir-faire de Verbund dans les barrages hydroélectriques poussera vraisemblablement Poweo à se pencher sur le dossier.Le dernier point, sans doute un des plus intéressants est la menace à peine voilée du PDG de Verbund. Si la loi NOME n'entre pas en vigueur rapidement, Poweo ne sera pas en mesure financièrement de continuer à fournir ses clients en électricité. Ce seraient plus de 400000 clients qui retourneraient chez EDF, faisant vivre un échec majeur à la libéralisation française et mettant la France à la merci de condamnations historiques par la Commission Européenne.
