18 août 2010 -
Verbund a acheté il y a un an les parts de Charles Beigbeder plus du double de leur valeur de marché actuelle. Alors que l'opérateur national autrichien cherche à effectuer une
augmentation de capital, ses actionnaires remettent en cause ses investissements à l'étranger.
Traduction d'un article viennois de Jakob Zirm dans Die Presse:
Le groupe d'énergie ferait bien de méditer ses investissements internationaux non rentables. Avec son augmentation de capital programmée, Verbund n'a pas de chance.
Pour commencer, le ministre de l'économie Reinhold Mitterlehner et le ministre des Finances Josef Pröll ont mis des bâtons dans les roues du PDG de Verbund Wolfgang Anzengruber pour son augmentation de capital d'un milliard d'euros annoncée le 30 juin. Ils ont empêché la prise de décision au conseil des ministres en juillet. Or l'augmentation de capital ne peut avoir lieu qu'avec une décision de ce conseil, dans la mesure où la république d'Autriche devrait sortir 510 millions d'euros pour maintenir sa participation au capital du producteur d'électricité. La coalition au pouvoir en Autriche négocie actuellement là-dessus. Mais les critiques émanent aussi des petits porteurs. Verbund ferait mieux d'étudier les participations minoritaires problématiques actuellement en Italie, en France et en Turquie plutôt que de poursuivre une stratégie d'échec à la recherche d'argent frais auprès des actionnaires.
Poweo, un échec
Verbund devrait regarder, face aux conditions actuelles, si on ne peut pas utiliser mieux l'argent investi dans des participations à l'étranger. "Le français
Poweo était sans doute une erreur" lâche un actionnaire minoritaire. Verbund y a dépensé environ 300 millions d'euros pour une part de 46% et a du encaisser les pertes de ces dernières années. "On a dépensé de l'argent pour des projets dont on ne peut ni discuter, ni espérer des bénéfices" explique ce même actionnaire. Chez Verbund, on considère que cette critique est injustifiée: "Nous avons une stratégie de croissance internationale très claire. Et Poweo est également sur le bon chemin. En France, l'environnement de marché a été plus difficile que prévu en raison de retards dans le processus de libéralisation." explique une porte-parole. Et les analystes ne soutiennent pas non plus la critique: "Le développement dans Poweo n'était pas marquant jusqu'ici, mais les investissements en Italie et en Turquie font tout à fait sens et apporteront beaucoup à Verbund ces prochaines années" explique Christoph Schultes, analyste chez Erste Bank.
Une distribution de dividendes incompréhensible
Mais outre les activités internationales, l'augmentation de capital pour l'expansion des capacités de production hydrauliques cause des soucis à Verbund. De plus, la politique de distribution de dividendes rencontre l'incompréhension du marché. Verbund a en effet distribué en mars un dividende exceptionnel pour une valeur totale de 400 millions d'euros. Et quelques mois plus tard, le producteur d'électricité demande une augmentation de capital d'un milliard d'euros. Un actionnaire minoritaire maugrée: "Cette politique de distribution de dividendes est incompréhensible: vu le taux d'endettement, on n'aurait jamais du autoriser cette distribution de dividende". Mais on ne raconte pas à voix haute les raisons pour lesquelles cette distribution a eu lieu. Il semblerait que la contribution pour près de 200 millions d'euros au budget de la république d'Autriche y soit pour quelque chose. La participation de l'Etat de 510 millions d'euros dans l'augmentation de capital aurait pu financer de la dette et n'aurait donc pas manqué au budget. En outre, ces dettes qui augmentent la valeur de l'entreprise ne sont pas compatibles avec les critères de Maastricht. Si cette hypothèse était vraie, les raisons politiques de l'action ne sont pas vues d'un bon oeil par le marché.