Un texte partiellement vidé de sa substance
La grande question de la loi NOME était, à l'origine, le prix de revente de 100 TWh d'électricité nucléaire d'EDF à ses concurrents (Poweo, GDF Suez, Direct Energie...). La décision de ce prix a été reporté et se fera par décret. Il reste que la loi NOME entérine l'obligation pour EDF de céder un quart de sa production nucléaire à ses concurrents. Ces 100 TWh (100 millions de MWh) ont une valeur de revente escomptée par EDF de 4,2 milliards d'euros, tandis que Poweo espérait récemment les valoriser 3,4 milliards d'euros.La loi NOME va-t-elle faire augmenter les prix?
Il y a deux scénarios en fonction du prix de revente de l'électricité d'EDF à ses concurrents. Si celui-ci est faible (37 euros par MWh ou moins), EDF sera le grand perdant, contraint de brader des parts de marché. Les prix devraient alors augmenter modérément. En revanche, si le prix de cession par EDF est fixé autour des 42 euros par MWh qu'exige M Proglio, la loi NOME ne suffira pas à débloquer le marché de l'électricité. Une hausse importante du tarif bleu d'EDF devra intervenir rapidement suivie de hausses annuelles fortement supérieures à l'inflation.Au vu des relations privilégiées entre l'Etat et EDF, et entre leurs dirigeants, le scénario le plus probable est celui d'une prix de revente élevé et d'une hausse significative du tarif réglementé d'EDF.
