Enercoop et les certificats verts

28 juillet 2010 - Enercoop a des contrats directs avec ses producteurs, auprès desquels elle achète l'électricité. Les autres démarches distinguent l'électricité (flux physique) de sa valeur verte. Les fournisseurs achètent l'électricité sur le marché d'une part (électricité grise, mix français à environ 85 % nucléaire) et des certificats verts d'autre part. Ce système a été mis en place par Observ'er (RECS au niveau européen). Le problème est qu'un système officiel de traçabilité en France existe déjà. Le système officiel, la garantie d'origine, est le suivant : quand un producteur vend son électricité d'origine renouvelable à EDF, il vend la production physique d'électricité et sa valeur verte, représentée par la garantie d'origine. Cette valeur verte est financée par l'ensemble des consommateurs, via une taxe présente dans toutes les factures d'électricité, la CSPE. Or le producteur d'énergie renouvelable ayant déjà vendu son électricité et sa valeur verte via la garantie d'origine, pourra également bénéficier d'un certificat vert, qu'il vendra lui aussi à un fournisseur d'électricité. La valeur verte de l'électricité est donc vendue deux fois : une fois à travers la garantie d'origine, un autre fois à travers le certificat vert. Le coût du certificat vert est répercuté au client dans le cadre d'une offre « verte ». Le client, croyant financer les énergies renouvelables, est donc trompé. En outre, le producteur n'a aucune obligation de réinvestissement du revenu supplémentaire perçu dans de nouveaux moyens de production renouvelable.
Enercoop, en revanche, achète à ses producteur l'électricité et sa valeur verte, qui ne peut être revendue une deuxième fois.
Les certificats verts sont en définitive utilisés par l'ensemble des concurrents d'Enercoop pour « verdir » à peu de frais les offres grises d'électricité. Ce phénomène a été dénoncé par les associations de défense des consommateurs (UFC Que Choisir, 60 Millions de consommateurs) et les associations écologistes françaises (Greenpeace et le WWF).

Droit de réponse d'un internaute sur les certificats verts

Il est vrai que les garanties d'origine ont une définition règlementaire notamment Européenne. Cependant, étant donné que nous sommes dans un marché à tarif de rachat, ces garanties ne représentent que la certification d'une électricité produite. Ce qui ne veut absolument pas dire que le client achète de l'électricité verte. Si nous étions sur un marché de Certificats Verts (à base de garanties d'origine par exemple), retirer la valeur verte d'une production revient à "priver" l'acteur obligé d'acheter cette valeur verte, ce qui a une valeur environnementale positive. Croire que parce que Enercoop achète de l'électricité verte à des producteurs qui bénéficieraient de toute façon du tarif de rachat est une preuve de fourniture d'électricité verte est faux! Tout au mieux, le surplus payé par le client par rapport à d'autres fournisseurs est réinjecté aux producteurs et à des nouvelles capacités (équivalent à de l'investissement) ce qui revient à "subventionner" le développement des EnR, c'est donc un complément au tarif de rachat.
Les certificats verts RECS ne pouvant être demandés que le producteur EnR, ils constituent de manière équivalente un complément au tarif de rachat.
Les garanties d'origine et les certificats RECS sont donc équivalents (mais pas délivrés par le même organisme) et complémentaires.
Payer plus cher Enercoop revient à laisser à des professionnels du secteur le soin d'investir ce surplus dans les EnR tout comme les certificats verts RECS.
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